S. Thomas, Som. théol, Il-IIœ, Q. CLXXXVIII, a. 4 ad
2. Cf. Thomassin, Ane. et noiiv, diseipî. de l'Eglise, t. I, 1. II, ch. 21-22; Lesêtre, La paroisse (Questions actuelles, t. LXXXIV, pp. 194-200).
3. Martin, Les moines et leur influence sociale, t. I, nouv. édit., ch. 6. Parlant des anciens religieux, l'auteur dit (p. 82) : " Le défrichement des contrées forestières et marécageuses du Nord est à peu près exclusivement leur œuvre. Quant à la France, on a calculé que le tiers de son territoire avait été mis en culture par les moines, et que les trois huitièmes de ses villes et de ses bourgs leur doivent leur existence." — Cf. Taine, Les orig. de la France contemp., I L'anc. rég. t. I, pp. 7-8 (24e éd.).
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Et partout sur leurs pas, et autour de la croix plantée de leurs mains, des centres paroissiaux se sont formés, et dans ces centres sont apparues des oeuvres admirables d'enseignement, de piété, de bienfaisance. La générosité laïque y eut sans doute sa part; elle n'en fut pas la cause efficiente et créatrice. Loin d'emprunter des institutions civiles leur sève vigoureuse, ces fondations successives, s'alimentant à des sources plus hautes, ont elles-mêmes, en bien des cas, déterminé la formation de communes florissantes et assuré le succès de vastes entreprises commerciales et industrielles.
Ce n'était là, d'ailleurs, qu'une conséquence indirecte et un effet bien secondaire des agglomérations nouvelles. Et, pour en saisir et en déterminer la vraie nature, nous avons besoin d'un élément d'appréciation plus élevé : c'est dans leurs principes mêmes, dans les organisations plus larges d'où ces groupements sont issus et dont ils portent, nettement marquée, la physionomie morale et l'empreinte juridique, que nous devons les considérer. La paroisse, en effet, n'est-elle pas comme un fragment, une section vitale de l'association diocésaine primitive? Ne tend-elle pas vers le même but ? n'obéit-elle pas au même esprit ? ne fait-elle pas usage des mêmes mo3^ens? Et, par suite, ne présente-t-elle pas en tous ses traits essentiels le même caractère nécessairement religieux ? M
Une conclusion toute naturelle et strictement logique en dé- W coule: c'est que la fondation des établissements paroissiaux, sous f quelque forme qu'elle se fasse, soit par création sur de nouveaux ^ territoires, soit par démembrement de paroisses existantes, soit encore par union de paroisses trop restreintes, appartient de plein droit à l'autorité religieuse. Le diocèse est créé par le Pape, la paroisse doit être érigée par l'évêque \ Et ce serait, chez les chefs civils, un acte d'usurpation manifeste que de vouloir, sans y être autorisés par l'Eglise, jouer un rôle ({uelconque dans cette œuvre de juridiction ecclésiastique.
Combien donc audacieuese, combien sul)\'ersive et opposée aux saints canotis. fut, de la part de l'Assemblée Constituante révo-