‹ Droit public de l'égliseChapitre 91 sur 241 · Ibid., pp · texte numérisé non relu

Ibid., pp

3. Voir ibid., p. 137. " The formality of légal authorization, or registration, is not in itself unreasonable, but it ought not to be accompanied by unreasonable conditions ; — The procédure ought to be such that any society formed in accordance with the appropriate law of association could demand authorization, or registration, as a civil right, instead of being compelled to seek it as a privilège at the hands of an officiai clothed with the power to grant or refuse it at his own discrétion." {The Catholic Bncyclopedia, vol. II, p. 3).

ger le dépôt des statuts, prescrire aux sociétés commerciales une réserve statutaire, un maximum ou un minimum pour le chiffre ou la valeur des actions émises, la publicité des bilans ^ ».

En dehors de ces cas, et dans les limites tracées au droit corporatif par Léon XIII lui-même, rien ne doit gêner, ni l'acte de s'associer, ni l'exercice des facultés juridiques que toute association honnête peut légitimement prétendre. La liberté d'association, bien comprise, est un élément de progrès, une source de grandeur morale, un principe de labeurs féconds. Nul n'a mieux décrit ces résultats et ces avantages que Hippolyte Taine, « un libre penseur qui, celui-là, (selon l'expression de M. Piou ") gardait le droit de penser librement». Dans son grand ouvrage sur les origines de la France contemporaine, Taine '' parle en ces termes des corps sociaux et du rôle salutaire qu'ils jouent au sein de l'Etat:

Ces corps, écrit-il ^, sont des organes précieux et non des excroissances maladives.— En premier lien, par leur institution, un grand service public, le culte, la recherche scientifique, l'enseignement supérieur ou primaire, l'assistance des pauvres, le soin des malades, est assuré sans charge pour le budget, mis à part et à l'abri des retranchements que pourrait suggérer l'embarras des finances publiques, défrayé par la générosité privée qui, trouvant un réservoir prêt, vient, de siècle en siècle, y rassembler ses mille sources éparses : làdessus, voyez la richesse, la stabilité, l'utilité des universités allemandes et anglaises. — En second lieu, par leur institution, l'omnipotence de l'Etat trouve un obstacle ; leur enceinte est une protection contre le niveau de la monarchie absolue ou de la déniocratie pure. Un homme peut se développer avec indépendance sans endosser la livrée du courtisan ou du démagogue, acquérir la richesse, la considération, l'autorité, sans rien devoir aux caprices de la faveur royale ou populaire, se maintenir debout contre le pouvoir établi ou contre l'opinion régnante en leur montrant autour de lui tout un corps rallié par l'esprit de corps. Tel aujourd'hui un professeur à Oxford, à Gœttingue, à Harvard. Tel, sous l'ancien régime, un évêque, un parlementaire, et même un simple procureur. Rien de pis que la bureaucratie universelle, puisqu'elle produit la servilité uniforme et mécanique. Il ne faut pas que les serviteurs du public soient tous des commis du gouvernement, et, dans un pays où l'arist'ocratie a péri, les corps sont le dernier asile. — En troisième lieu, par leur institution, il se forme, au milieu d'un grand monde banal, de petits mondes originaux et distiiKts, où beaucoup d'âmes trouvent la seule vie qui leur con-

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