Ibid., p
Jannet \ a fini par y obtenir un régime légal conforme aux exigences de sa hiérarchie. »
C'est la réalisation loyale du concept très large qu'ont en général les Américains, de la liberté d'association. Cette liberté, par malheur, n'est ni universellement comprise, ni partout traduite dans les faits avec le même esprit de justice.
En Allemagne, par exemple, de quelles vexations et de (juelles rigueurs contre les séminaires et autres maisons ecclésiastiques d'enseignement les fameuses lois de 1873 ne furent-elles pas le principe " ? Ces institutions, pressurées par une réglementation civile odieuse, et mises, par là, dans l'impossibilité de fonctionner d'après les principes catholiques, durent fermer leurs portes. Et s'il leur fut permis, treize ans après, par Theureuse intervention de Léon XIII, de les rouvrir, force nous est de constater que, sur cette terre classique de l'absolutisme, de pénibles entraves gênent, aujourd'hui encore, le libre essor de l'organisation scolaire catholique.
Nous ne parlons pas de la France où, même en dehors des congrégations religieuses brutalement évincées, les associations libres, formées pour un but d'enseignement, sont astreintes par l'Etat à des formalités rigoureuses et ne jouissent que d'une capacité juridique restreinte ^. Cette liberté vit sous une menace. Grâce, toutefois, à la loi de 1901, l'esprit social s'éveille, et grand nombre d'associations de pères de famille, fruits de cette renaissance,, se sont dressées comme un rempart autour de l'école, et montent en quelque sorte la garde autour de l'âme des enfants chrétiens *.
L'Eglise encourage ces groupements généreux, comme d'ailleurs tous ceux qui ont pour objet l'amélioration morale de l'homme, et le soulagement à la fois spirituel et matériel des classes populaires.
Nous n'entreprendrons pas de décrire ce qu'elle a fait dans le passé, ni ce qu'elle accomplit chaque jour, par ses directions ou
1. Les Etats-Unis contemporains, 4e éd., t. II, p. 14; cf. ihid., pp. 44-45«
2. Cf. Lefebvre de Béhaine, Léon XIII et le prince de Bismark, pp. 389-393..