‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 107 sur 260 · Bull, cit. t. XXXV, P · texte numérisé non relu

Bull, cit. t. XXXV, P

4 Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1911.

Cette profession publique et ces pompeux témoignages de la foi de tout un peuple nous font admirablement sentir quel prestige le Christ exerce sur les âmes et quel empire il déploie sur le monde. Dans l’ostensoir d’or élevé au-dessus de la foule et porté à travers les cités, les villes et les villages, c’est vraiment le Roi, le Souverain qui passe, qui voit les gerbes de fleurs couvrir et jalonner sa route, les drapeaux et les oriflammes s’incliner, les fronts et les esprits se courber, la nature joyeuse et soumise lui payer avec respect le tribut de sa déférence et de sa reconnaissance. Des princes et des magistrats, des hommes de science et des hommes d'épée, des dignitaires de l’Église et des représentants de l'Etat, suivent humblement la blanche hostie. Dieu les domine du faite de son trône, et il semble que tout l’univers, animé et inanimé, soit à ses pieds.

On ne peut donc, en principe, interdire les processions et les fonctions extérieures du culte, sans offenser ce sublime Monarque et sans se rendre coupable de lèse-majesté envers Lui. On le blesse dans sa dignité de Roi, et on l’atteint aussi dans les droits et les prérogatives dont il a investi son Eglise.

C’est une société libre, indépendante comme lui-même, que le Christ a fondée. Les pouvoirs de cette Eglise participent de l’autorité sans égale et sans rivale de son auteur divin. Avec le droit de s'établir dans le monde, elle possède non moins sûrement celui d'y construire des temples et d’y ériger des sanctuaires, et celui également de sortir, à certaines’‘heures, de ces asiles sacrés, pour s'avancer jusque dans la voie commune et sur les places publiques .

Nous parlons de voies et de places communément ouvertes au public, et non de terrains privés dont les maîtres fermeraient délibérément l'entrée. C’est pour l'utilité générale que ces lieux communaux sont créés; et il n’est certes pas de groupe d'hommes, il n'est ni société civile ni association économique qui mérite, au

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