Cf. Acta et decr. Conc. Plen. Amer. lat. n
honneurs aux lâches qui ont trahi le drapeau. Comment contesterait-on à l'Eglise le même pouvoir, le pouvoir de décider quels sont ceux de ses fils qui, par leurs paroles et par leurs actes, lui ont gardé jusqu’à la fin une fidélité courageuse, et ont ainsi mérité de recevoir, à l'heure des suprêmes adieux, le secours de ses prières et l'honneur d’une sépulture bénie de ses mains ?
D'après ces principes si clairs, des règles ont été fixées qui privent des suffrages officiels de l’Église et de la sépulture catholique certaines catégories d’homines décédés en dehcrs de la communion ecclésiastique * : tels sont les juifs, les infidèles et les enfants morts sans baptème; les apostats de la foi chrétienne; les hérétiques, et les fauteurs d'hérésie; les schismatiques; les personnes nommément interdites ou notoirement excommuniées et que l’on est tenu d'éviter; les pécheurs publics ou éloignés des sacrements, et qui ne donnent à la mort aucun signe de repentir ; les suicidés et tous ceux qui, après avoir commis des actes scandaleux, meurent ostensiblement dans leur péché. Ces règles n'ont rien d’arbitraire. «Le cimetière, selon la remarque de M5 Freppel *, suit le temple; il est juste, il est rationnel, il est convenable que chacun garde après la mort la place qu'il s'était librement adjugée pendant la vie. »
De quel droit donc l'Etat viendrait-il renverser ce jugement et s'ingérerait-il dans cette matière? Il y intervient pourtant, et l'épiscopat catholique s’est vu dans la nécessité de repousser cette prétention. « Nulle puissance temporelle, écrivaient au siècle dernier les évêques canadiens ?, ne peut prescrire à l'Eglise de venir prier sur la tombe d’un mort qu'elle a jugé indigne de ses prières : c'est un attentat sacrilège que de violer par la force la sainteté de
1. Vor le Rituel Romcin, ainsi que les actes du Premier Conc. Plénier de Québec (nn. 604-606) : on trouve dans ces actes (n. 605) la législation de l'Eglise concernant la sépulture des membres des sociétés défendues.