‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 120 sur 260 · Ibid., col · texte numérisé non relu

Ibid., col

ses efforts’. D’après une enquête ouverte peu auparavant, on comptait déjà en Europe cent vingt-sept sociétés de crémation, dont soixante-seize en Allemagne.

Le mouvement ne semble pas se ralentir. Il vient de pénétrer dans des régions encore imprégnées de catholicisme, telles que la Bavière et la Belgique. Il accuse, dans les milieux où il triomphe, une baisse plus ou moins marquée des doctrines spiritualistes et une poussée de matérialisme grandissant. Des esprits bien disposés ont pu, dans le passé, se laisser surprendre par cette nouveauté. Pareille bonne foi chez des catholiques, en face de l'attitude si nette et si décisive prise récemment par l'Eglise, ne parait plus possible,

Cette attitude, au reste, n’est que le prolongetuent et la sanction juridique d’une coutume ancrée depuis des siècles dans la pensée des peuples et au fond même des consciences. Fière de son passé et conservatrice de ses rites, l'Eglise est restée fidèle à elle-même, et elle a formulé et promulgué contre la crémation une discipline

faite des principes les plus fermes et des règles les plus précises ©. Voici, en résumé, ces dispositions * :

1° Il n'est pas permis de s'enrôler dans des sociétés qui se proposent de promouvoir l'usage de brüler les corps des défunts; et, s’il s'agit de sociétés affiliées à la secte maçonnique, ceux qui le font encourent les peines portées contre celle-ci.

2° Ceux qui, de leur propre volonté, ont destiné leur corps à la crémation, et ont persévéré de façon certaine et notoire jusqu'à la mort dans cette détermination, devront être privés de la sépulture ecclésiastique. Que si la crémation a été exigée non par le défunt, mais par d’autres, l'Eglise, tout scandale écarté par une déclaration opportune, autorise les cérémonies sacrées à la maison et à l'Eglise, mais-non au lieu de l’incinération.

3° Il n'est jamais permis d'ordonner ou de conseiller la crémation et d'y coopérer ainsi formellement. Quant à la coopération matérielle, telle que

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