Les Questions actmelles, t. LXXXII, pp. 284 et suiv
2. Saint-Office, 19 maï 1886, 15 déc. 1886, 27 juillet 1892, 26 janv. 19r1.
3 Ci. Vavant-Mangenot, Diet. cit. col. 2320-2321; Prem. Conc. Plén. de Québec, nn. 607-608.
celle des médecins, fonctionnaires et ouvriers, elle peut être tolérée, pourvu que le rite crématoire ne paraisse pas une marque d'adhésion à la secte maçonnique et qu’il ne contienne rien qui, de soi, directement et uniquement, implique l'approbation de cette secte et la réprobation de la doctrine catholique.
L'Eglise donc se montre indulgente envers ceux de ses enfants qui ne portent ni ne partagent la responsabilité d’un usage malheureusement trop répandu et devenu, en plusieurs pays, un fait accompli. Pour ce qui est de l’usage lui-même et de ce qui tend à le vulgariser, elle s’y oppose de toutes ses forces, parce qu’elle voit dans ce mouvement novateur les inconvénients les plus graves.
Jugement très sensé et opposition très justifiée.
Tout d'abord, en effet, la crémation nous apparait comme une pratique suspecte dans les circonstances mêmes qui l'entourent et dans les fauteurs qui la patronnent.
C’est ce que le cardinal Richard, archevêque de Paris, faisait remarquer dans une lettre aux curés de son diocèse ‘. D'après ce prélat, «les doctrines professées par les hommes qui cherchent à mettre la crémation en honneur devraient être un motif pour rendre une pareille tentative suspecte aux fidèles. Ce sont, en effet, le plus souvent des hommes ouvertement affiliés à la francmaçonnerie, ou du moins qui ne se tiennent pas suffisamment en garde contre l'influence des sectes condamnées par l'Eglise, ni contre la séduction des erreurs répandues dans la société contemporaine par le naturalisme sous le prétexte de progrès scientifique. D'ailleurs, à plus d’une reprise, les ennemis de la religion ont hautement déclaré que le grand avantage de l’incinération serait d’éloigner le prêtre des funérailles et de remplacer la sépulture chrétienne par les obsèques civiles. »
Il y a là en outre une œuvre macabre, réprouvée par le sens moral.
La nature a horreur de sa propre destruction. Z/instinct de