‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 122 sur 260 · Lettre du 24 fév. 1890 (Quest. act., t. VII, p · texte numérisé non relu

Lettre du 24 fév. 1890 (Quest. act., t. VII, p

l'homme, même le plus rude, le fait reculer devant la mort, et devant les ravages de la mort. On voudrait pouvoir suspendre, On voudrait pouvoir éluder et retarder indéfiniment ce coup fatal qui tranche le fil de nos jours et qui enfouit nos corps dans le silence profond du tombeau, Et lorsque la mort a fait son œuvre, nous entourons de soins touchants, et nous couvrons de blancs linceuls comme d'illusions chères, la dépouille vénérée de ceux qui ne sont plus. Le culte des morts n’est qu’une forme de l’attachement à la vie. Et Je fonctionnement brutal d'un four crématoire outrage et révolte ce qu’il y a de plus vrai, de plus noble, de plus généreux dans nos âmes .

C’est pourquoi la crémation, même parmi les anciens qui la pratiquèrent, ne fut jamais générale, ni toujours prédominante. Et c'est pourquoi encore les populations saines de croyances, et libres de passion sectaire, ne la voient réapparaître qu’avec une impression d'horreur. « I] ne faut, pas, s'écriait M® Freppel:, sous prétexte de salubrité publique, affaiblir, détruire même le sentiment qui a le mieux survécu aux défaillances d’une société frivole et sceptique, le culte des morts. Or, avec l’incinération, il n'y a plus de culte des morts dans Je véritable sens du mot. Il peut encore y avoir des fours crématoires, des dépositoires, des columbaria, ou comme vous voudrez les appeler, mais vous n'aurez plus ces tombes particulières où la mémoire des morts vient s'imposer au respect des vivants. Il n’y aura plus ces champs de repos où, à certaines époques de l’année, aux portes d’une grande ville, un peuple entier vient recueillir des pensées graves, fortes et austères ; tout cela disparaîtra; vous retomberez en plein paganisme.

. Il ne restera plus dans l'esprit des populations que l’image du

néant. »

1. Cf. Les Quest. act., t. LXXXII, pp. 290-292. “ La piété filiale, l'amour conjugal, l'amour fraternel, l'amitié même, s’accommoderont toujours difficilement de cette destruction hâtive et brutale d’un corps qui, durant sa vie, a été entouré de tant d'affection et de tant d'égards. ” (Vacant-Mangenot, dict. cit., col, 2322).

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