‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 124 sur 260 · Vacant-Mangenot, ouv. cit, col · texte numérisé non relu

Vacant-Mangenot, ouv. cit, col

nous faire repousser la crémation, du moins dans l'état de choses actuel :. »

Les partisans du four crématoire invoquent surtout la raison de salubrité publique. Ils font sonner très haut l'argument qu'ils tirent des exigences de l’hygiène, et ils prétendent que celle-ci condamne absolument l’usage de l’inhumation.

C'est là, croyons-nous, un prétexte et une fiction bien plus qu’une raison sérieuse basée sur des faits. Des experts en la matière admett-nt assurément l'importance de diverses précautions sanitaires dont on demande que l’inhumation soit entourée; mais ils ne voient dans les cimetières convenablement disposés, et dans les sépultures qui s’y font, rien qui menace la santé publique. Au contraire, « les conclusions de l'expérience, jointes au témoignage de la plupart des médecins, démontrent que le principe des inhunations a une valeur hygiénique réelle et indiscutable. Mode de destruction des cadavres plus lent, mais moins brutal que la crémation, l’inhumation aboutit à un résultat aussi complet et plus en harmonie avec le grand principe physique de la matière. La putréfaction normale des corps dans le sol équivaut à une crémation lente dont les termes définitifs sont inoffensifs, dont les produits intermédiaires ne présentent aucun danger sérieux ni pour les eaux ni pour les couches aériennes ambiantes ? ».

Concluons que l'Etat, spécialement l'Etat chrétien, n’est ni fondé à décréter l’incinération forcée, ni même justifiable de permettre et d'autoriser, de façon facultative, une pratique si étrange et qui répugne si profondément aux traditions les plus chères de l'humanité croyante et aux sentiments les plus délicats des peuples civilisés.

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