LES F° “ISTRES ECCLÉSIASTIQUES
Trois grands actes se partagent, comme trois étapes principales, le cours de l’existerce humaine: Ja naissance, le choix d’un état de vie, le passage du temps à l'éternité.
Pour un chrétien, ces actes se dédoublent selon le double aspect de sa condition à la fois civile et religieuse. L'homme, né corporellement selon la nature, naît spirituellement par le baptême:
, qu'il s’est choisi : lorsqu'il décède, ce sont, avec les regrets des siens, les prières de la liturgie qui escortent religieusement sa dépouille jusqu’à la cité des morts.
Il était juste que ce Caractère sacré, imprimé dès le début à la vie naturelle de l’homme, et identifié en quelque sorte avec elle, fût noté par une mair attentive et compétente. I] était désirable que, dans les chroniques des peuples et dans les annales de l’humanité, mention fût faite de cette pénétration intime et, à certaines heures, plus visible et plus effective, de la vie profane par la vie religieuse. C’est la raison d'être des registres des baptêmes, mariages et sépultures, institués par l'Eglise. I1 y a là, pour le chrétien, d’incomparables titres de noblesse. L'Eglise avait le droit et le devoir de les recueillir. Elle se devait à elle-même de les insérer avec soin en des pages authentiques et de perpétuer ainsi à travers les siècles les données les plus précieuses pour la religion, les familles, et la société tout entière.
Les actes rédigés par elle remontent très loin dans les âges. Ce furent pendant longtemps les seules attestations juridiques de l'ét: : religieux et civil des citoyens. «L'histoire, observaient en 1861 les évêques de l’'Ombrie !, rend témoignage de la part qui revient à l'Eglise dans l'institution et la conservation des registres contenant l’état des catholiques. Le concile de Trente a imposé aux curés l'obligation d'inscrire avec ordre, sur des registres, l’administration des sacrements ?; les rituels ont déterminé le nombre et la forme de ces registres ; les synodes provinciaux et diocésains ont rendu des décisions pour en garantir la sincérité. On voit par là combien ces registres canoniques ont été utiles à l'étude et aux progrès de la statistique et de l’économie politique. »
On ne saurait, en général, désirer, pour la rédaction de documents aussi précis et d'actes publics aussi importants, une classe d'hommes mieux qualifiés que les ministres du culte. Ils ont la science, la probité, la ponctualité; ils ont le souci du bien et le zèle du devoir. C'est le témoignage que leur rendent tous les esprits impartiaux *. Et si d'aventure, et en de rares et fugitives occasions, quelques négligences viennent à se glisser dans leur rôle d’enregistreurs, l'Eglise ne tarde pas, par des conseils et des monitions autorisés, à y porter remède. Témoin ces sages paroles adressées par l’épiscopat canadien-français à tous les curés‘: « Massillon, dans un de ses discours synodaux, s'élève avec vigueur contre la mauvaise tenue des registres religieux des paroisses, et il la traite de négligence criminelle; il appelle saints et augustes les titres qui constatent la naissance spirituelle et le mariage des chrétiens: ce sont des 1émoignages authentiques et sacrés de l’état de la religion et des paroisses. N’écrire les actes