Lettre citée sur le Sillon
2. Cf. Balmès, Le Protestantisme comparé au catholicisme, t. III, ch. 68.
dehors d’un pareil mouvement. I] y a là pour elle, et elle le comprend, deux écueils opposés, mais analogues; et, l’un de ces écueils parût-il plus redoutable que l’autre, on la verra sans doute, toujours, dans sa haute et sereine sagesse, s’efforcer d'orienter sa barque entre les deux.
Qu'est-ce à dire? Faut-il donc que la religion déserte la sphère des choses terrestres, et devons-nous estimer qu’elle n’a avec la politique aucune relation vraie ni aucun point de contact ? Certes, non. Le lecteur connaît déjà là-dessus notre pensée !; et nous osons prétendre, nous affirmons nettement que c’est la pensée indubitable de l'Eglise déclarant, de nos jours encore, par la bouche de Pie X «qu’on ne saurait soustraire les affaires politiques au domaine de la foi et des mœurs gouverné par le Pontife Romain ?».
Oui, l'Eglise s'occupe nécessairement de politique, mais non à la façon des politiciens. Elle s’en occupe et elle s’y intéresse, nou dans des vues humaines, mais pour affermir les bases du pouvoir, pour définir le but et les caractères de la loi, pour surveiller les intérêts religieux, Pour tracer aux législateurs leurs devoirs de conscience et dicter aux catholiques leur programme et leur attitude dans la mêlée moderne.
L'Eglise du Christ est une école d'autorité. Fondée elle-même sur ce principe, elle sait que, Pour tout corps social, là est la force, là est l'unité, là est la sécurité et la strbilité, Elle hait et flétrit la sédition ; elle entoure de respects et d’égards les pouvoirs établis ; elle fait effort pour nouer et entretenir avec eux des rapports mmicaux. Elle a des nonces auprès des rois et des empereurs ; elle a des représentants auprès des républiques. Quelle que soit la forme où le pouvoir politique s’incarne, «’ie se plaît à voir en lui un reflet et comme une émanation du pouvoir même de Dieu ®,
1. Voir Droit pub. de l'Eglise. Principes généraux, 9e leçon; et ailleurs. 2. Allocution du 9 nov. 1903.