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Droit public de l'Eglise. Principes généraux, 2e leçon

2. Encycl. Rerum novarum, 16 mai 1891. — L'autorité humaine fait l'œuvre de la Providence. Or, “la Providence se conduit envers les pauvres comme un père envers ses enfants estropiés et mal conformés, desquels il a un plus grand soin, à cause de leurs plus grands besoins” (S. Thomas, De reg. princ. L Il, c. 15). Pie X (Lettre aux Evêques d'Italie sur l'Action catholique) exhorte les catholiques à promouvoir autant que possible “le bien social et économique de la patrie et particulièrement du peuple, suivant les principes de la civilisation nettement chrétienne”.

Un penseur italien, M. Toniolo, s’est assigné la tâche de montrer combien l’action populaire, telle que nous l’entendons ici, répond au but véritable de la société et à l’équilibre fonctionnel de ses forces et de ses éléments. « L'ordre social, dit-il ‘, fondé sur le devoir a été établi par Dieu à l'avantage commun de tous. Mais parce que le devoir de contribuer à l'obtention d’un bien commun et commandé incombe aux particuliers en proportion de la capacité et des aptitudes respectives, parce qu’il se déploie et s'exerce envers les autres, en proportion du besoin qu’ils ont d’être aidés et secourus, un tel ordre spécial se développe et se réalise par le moyen de la hiérarchie des devoirs, lesquels, en raison de la fin sociale elle-même, pèsent davantage sur les classes supérieures et refluent davantage aussi sur les classes inférieures qui en bénéficient. »

Le rôle attribué, en faveur des classes indigentes, aux plus hautes activités sociales peut revêtir diverses formes. Il entre dans les attributions du pouvoir civil de faire lui-même des lois, de prendre des mesures, de créer ou de susciter des institutions propres à sauvegarder, dans les limites tracées par la loi naturelle, les droits et les intérêts du peuple. A pl:5 forte raison est-il de son devoir de couvrir de l'égide de l'autorité et de munir des garanties d’une juste et pleine liberté les entreprises ncn officielles écloses, dans l'intérêt des classes laborieuses, sous le souffle humanitaire et chrétien.

Ces entreprises bienfaisantes ne datent pas d’hier.

L'action populaire chrétienne est née en quelque sorte avec l'Eglise. Elle est sortie du cœur de Jésus-Christ s’apitoyant sur le sort des foules *, répandant partout sur elles la vertu de son verbe

1. La notion chrétienne de la démocratie (Questions actuelles, t. XI, p. 271). 2. Marc. VIII, 2; — “ C'est v2r: les classes infortunées que le cœur de Dieu semble s'incliner davantage. Jésus-Christ appelle les pauvres des bienheureux; il invite avec amour à venir à lui, afin qu'il les console, tous ceux qui souffrent et qui pleurent, Matth. V, 3; XI, 28; il embrasse avec une charité plus tendre les petits et les opprimés.” (Léon XIII, encycl. Rerum novarum).

et le don de ses miracles, promulguant et proclamant le grand précepte de l’amour réciproque ?, d’une charité qui s'inspire aux Sources surnaturelles, et qui descende des hauteurs de Dieu jusqu'aux âmes les plus délaissées et jusqu'aux familles les plus souffrantes ?,

«Cette science de la charité que le Christ leur avait transthise, les apôtres, observe Léon XIII *, la mirent en pratique ei s'y appliquérent avec un zêle religieux. Après eux, ceux qui embrassèrent la foi chrétienne prirent l'initiative de créer une foule d’institutions variées pour le soulagement des misères de toute nature qui affigent l'humanité. Ces institutions, perpétuell ent en voie de progrès, sont la gloire propre de la religion chrétienne et l’ornement de la civilisation à laquelle le christianisme a donné naissance. » Ce n’est pas là seulement la parole autorisée d’un grand Pape; c’est en même temps le témoignage probant des faits et l'attestation irrécusable de l’histoire.

Tout le long de son existence, l'Eglise nous apparaît dans ce rôle charitable et dans cette fonction tutélaire. On la voit, contre les puissants, se faire partout le rempart du droit, prendre partout la défense des faibles, rappeler aux riches leurs devoirs, dénoncer, déposer même les tyrans, nourrir d’une main généreuse les multitudes affamées, ouvrir au peuple des écoles, des asiles, des hôpitaux, des orphelinats. P'us la misère populaire est grande, plus son cœur s’émeut et plus les entrailles de sa charité se dilatent.

La miséricorde, comme l'enseigne saint Thomas ®, est une vertu faite d’une compassion sincère pour les maux d’autrui et du noble désir de les soulager. Ceux qui peinent le plus et ceux qui souffrent davantage ont donc un titre spécial au dévouement de l'Eglise; ei

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