‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 140 sur 260 · Som. théol., II-Ilae Q. XXX · texte numérisé non relu

Som. théol., II-Ilae Q. XXX

l'Eglise, dans sa clairvoyance et sa tendresse de mère, a toujours et parfaitement compris les devoirs et les attitudes que sa bonté miséricordieuse lui impose. « Poussés par la force de la vérité, ceux-là mêmes que leurs idées séparent des catholiques lui ont rendu cet hommage qu’elle étend sa sollicitude à toutes les classes de l'échelle sociale, et surtout à celles qui se trouvent dans une condition malheureuse :. »

Cette sollicitude embrasse tous les besoins et tous les intérêts populaires, ceux du corps comme ceux de l’âme.

Relever la dignité humaine, encourager le travail des bras, y suppléer et le compléter par une sage et prévoyante assistance, le protéger et l’organiser de façon à concilier tous les droits dans la fidélité à tous les devoirs, tel a été et tel sera sûrement toujours l'un des vifs soucis de l’Eglise.

Non pas qu’elle fasse des biens matériels l'élément principal et indispensable du bonheur de l’homme. L'homme peut et doit acheter le bonheur souverain par des souffrances et des privations chrétiennement supportées. Les privations et les affictions sont utiles, et inséparables des destinées humaines ?. Il s’agit non pas de les supprimer totalement, mais d’écarter de la vie commune cette misère noire qui en trouble le cours, qui engendre et alimente le vice, qui tarit dans l’âme avilie les sources de joies fécondes et d’espoirs vivifiants. On est justifiable de prétendre à la suffisance des biens d’ici-bas: cette suffisance est aux cœurs bien nés un motif spécial d'aimer et de servir Dieu; et elle est pour les familles et pour ceux qui en sont chargés le moyen providentiel et nécessaire de remplir les obligations du présent et d'affronter les hasards de l'avenir #.

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