‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 143 sur 260 · Exod., XXI · texte numérisé non relu

Exod., XXI

4. Voir un jugement de Guizot (Balmès, Le Protestantisme comparé au catholicisme, t. T, p. 191, 10e éd.), et une appréciation de Havet (Allard, Les esclaves chrétiens, Introduction).

5. “ Gardienne zélée de la doctrine de son fondateur, qui, par lui-même et par la voix des apôtres, a enseigné aux hommes la fraternité qui les unit tous, comme issus de la même origine, rachetés du même prix, également

La vie pauvre du Sauveur, ses travaux et son métier d'artisan, Sa <ompassion émue pour les humbles, son attitude toute de bonté, de charité, de commisération, son langage si réconfortant sur la valeur de l’âme, sur le prix des souffrances, sur la fraternité morale et l’universelle rédemption, tout cela ne portait-il pas en germe la proscription et Ja réprobation de l’inique fait social qui scindait en deux fractions et, pour ainsi dire, en deux armées l'immense famille humaine +: mettait toute une classe d'Aommes au ban de l'humanité?

Ecoutons les interprètes et les hérauts les plus fidèles et les plus autorisés de la pensée évangélique.

C'est saint Paul qui écrit 1. « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit juifs, soit paiens, soit esclaves, soit libres ; et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. »

Ce sont les Pères de l'Eglise qui s'élèvent contre le principe même de l'esclavage. « Quand, observe saint Grégoire de Nysse!?, vous condamnez à la servitude l'homme, par nature, libre et maître de lui-même, vous portez une loi contraire à celle de Dieu. Celui que le Créateur a fai, raitre de {a terre, et qu'il a établi pour commander, vous le sourettez au joug de l'esclavage; vous vous attaquez ainsi au précepte divin. Avez-vous donc oublié quelles sont les bornes de votre pouvoir? Ce pouvoir est limité aux êtres sans raison. »

appelés à la même béatitude éternuile, l'Eglise catholique a pris en main la cause délaissée des esclaves et s'est faite la revendicatrice courageuse de la liberté, en procédant, il est vrai, comme l'exigeaient les circonstances, graduellement et prudemment. Et elle réussit dans son entreprise par sa sagesse et sa conduite réfléchie, en réclamant constamment ce qui était de la religion, de la justice et de l'humanité.” (Léon XIII, lettre Catholice ecclesiæ, 20 nov. 1890).

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