Cor. XII, 13; — cf, Gal. III, 26-28; Coloss. Ir
2. Hom. IVe sur l'Ecclésiaste ; — cf. Allard, Les escl. chrétiens, 3e éd. (pr. 211-214).
Ce sont les docteurs les plus réputés du moyen âge qui, avec saint Thomas d'Aquin, voient dans l'esclavage une déviation de la conscience et un effet du péché, et qui revendiquent nettement pour l’esclave l'égalité des droits de nature, tels que le droit à la subsistance, le droit au sommeil, le droit au mariage ©.
Ainsi pensaient et enseignaient les maitres de la foi et de la science chrétienne. Et la conclusion naturelle de leur thèse, c'est que tôt ou tard, et absolument, et définitivement, il fallait rayer l'esclavage du nombre des pratiques communes et des institutions sociales. Doctrine juste, rénovatrice et généreuse! Et pourtant ce n’est que peu à peu, et par une évolution lente des idées et une transformation profonde des mœurs, qu'une réforme si opposée à la vie usuelle des peuples et à leurs traditions économiques, pouvait s’accomplir*. L'Eglise eut la sagesse de le comprendre. Et c'est pourquoi on peut distinguer, dans sa lutte contre le régime esclavagiste, trois phases plus ou moins marquées: les débuts, les développements, le couronnement.
Tout d’abord, on exhorte les maitres à respecter dans leurs esclaves la dignité de l’âme faite à l’image de Dieu et rachetée dans le sang de son Fils, et on sollicite d’eux, pour ces êtres déshérités, dec châtiments moins brutaux et des traitements plus humains. Rien de plus touchant que l’épitre de saint Paul à Philé-