Som. théol. I, Q. XCVI, art. 4; Suppl, Q. LII, art
2. “En ce qui concerne la nature du corps, l’homme n'est pas tenu d'obéir à l’homme, mais seulement à Dieu, parce que tous les hommes sont égaux dans leur nature, notamment pour ce qui regarde la sustentation du corps et la génération des enfants. C'est pourquoi l’obéissance n'est due ni par les esclaves à leurs maîtres ni par les fils à leurs parents quand il s'agit de contracter mariage ou de garder la virginité ou de quelque autre chose pareille ” (S. Thomas, Som. théol., II-Ilae Q. CIV, art. 5).
3. Le profond malaise social qui a suivi aux Etats-Unis, il y a cinquante ans, l'abolition soudaine de l'esclavage, montre, bien imparfaitement du reste, quels terribles bouleversements une suppression semblable, faite d’un seul coup dans les sociétés anciennes, eût produits. Cf. CI. Jannet, Les Etats- Unis contemitorains, t. Il, p. 119 (4e éd.)
mon *: l’apôtre y plaide avec émotion la cause d'un esclave coupable, et ses paroles inspirées par la plus tendre et la plus pressante charité semblent être, on l’a dit avec raison, comme le premier manifeste paru en faveur de l'émancipation des esclaves.
D'autre part, dans les choses licites, et aussi longtmeps que les circonstances les retiennent en servitude, les esclaves doivent obéissance à leurs maitres. Le même apôtre le leur rappelle avec insistance*. Et ce double devoir, celui des maîtres envers leurs esclaves, celui des esclaves envers leurs maîtres, forme, dans la période primitive, le thème principal des monitions et des injonctions de l'autorité religieuse, relativement au grave problème de l'esclavage.
Il y a bien, selon la remarque de M Talamo #, dans le langage des Pères et des Conciles, une condamnation plus ou moins expresse des abus et des injustices du régime qui, sans souci des lois de la nature et des droits de la conscience, tenait des millions d'hommes et de femmes courbés sous la plus cruelle tyrannie. Personne toutefois n’ose encore formuler contre l’état servile Iuimême une législation prohibitive. — Cette mesure paraissait prématurée: elle n'eût été ni réellement efficace ni communément utile, et elle eût pu, au contraire, déchaîner de violents orages et accumuler des ruines,
Il importait avant tout de préparer l'opinion.
Or, l'exemple a une vertu qui persuade et une puissance qui entraîne. L'Eglise ne pouvait ne pas mettre en œuvre ce moyen d'action et d’émancipation sociale. Ses assemblées furent ouvertes à tous, sans distinction de naissance; ses sacrements et son culte furent mis au service de tous. Lorsqu'elle jugea le moment propice, elle octroya elle-même à nombre d'esclaves de ses domaines le bienfait de la liberté. Témoin cette lettre admirable de saint