‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 149 sur 260 · Esclaves, serfs et mainmortables, pp · texte numérisé non relu

Esclaves, serfs et mainmortables, pp

3. Chéruel, Dict. hist. des institutions, mœurs, et coutumes de la France, 1ère P., p. 365 (6e éd.).

Capitulaires de Charlemagne sont empreints, à l'endroit des esclaves, d’un esprit de bienveillance qui marque le degré de transformation déjà opéré dans l'opinion publique.

Graduellement évincé, sans bruit, sans commotion, l'esclavage, au moyen âge, disparut de l’Europe pour faire place au servage !. Chose étrange autant que regrettable : il émigra et il se maintint longtemps encore dans les colonies. « Catholiques d'Espagne, de Portugal, même de France, protestants d'Angleterre et de Hollande, firent travailler sous le bâton les populations indigènes ou versèrent à flots sur le continent et les îles d'Amérique des millions de noirs africains. L’esclavage, chassé de l'Europe par le christianisme, se créait ainsi au delà de l'océan un empire nouveau. On a honte de le dire, toutes les couronnes de l’Europe prirent sous leur protection la traite des nègres, ou même s’y associèrent directement :. »

Ce ne fut pas sans protestations de la part de l’Église. « Dès 1482, Pie II, au moment des premières découvertes des Portugais en Afrique, leur reprochait d’oser tenir en servitude des hommes semblables à eux. En 1 557, Paul IIT déclare que c’est une invention du démon d'affirmer que les Indiens puissent être réduits en servitude: il ajoute que les Indiens, comme tous les autres peuples, même ceux qui ne sont pas baptisés, doivent jouir de leur liberté natureile et de la propriété de leurs biens; que personne n’a le droit de les troubler ni de les inquiéter dans ce qu'ils tiennent de la main libérale de Dieu. En 1639, Urbain VIII défend de priver les noirs de la liberté, de les vendre, de les acheter, de les enlever à leur patrie, à leurs femmes et à leurs enfants, et

1. “Le servage, état intermédiaire entre la servitude et la liberté, est celui d'hommes soumis à un maître, obligés héréditairement à cultiver un domaine à son profit, sans pouvoir ni quitter ce domaine, ni en être détactés à moins d’affranchissement par le maître lui-même.” (Allard, #bid., pp. 116-117). Sur la vie des serfs, voir cet excellent ouvrage Esclaves, serfs et mainmortables. que nous nous plaisons à citer.

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