LE PROBLÈME SOCIAL MODERNE
cruelle évidenc annee
1. Voir le tableau social que traçait, il y a déjà quarante ans, M. le comte de Mun, et qui n'a rien perdu de son actualité (Discours, t. I, Questions s0siales, pp. 93-94, 3e éd.).
2. Encycl, Rerum MOVArUM, 15 mai 1891. — Voir Sur la nature du mal social et quelques interprétations outrées et inexactes de
dans une anxieuse attente, ce qui suffit pour démontrer combien de graves intérêts sont ici engagés. Cette situation absorbe l’attention des doctes; elle exerce la prudence des sages; elle met en œuvre les délibérations populaires, la perspicacité des législateurs et les conseils des gouvernants, et il n’est pas de cause qui saisisse en ce moment l'esprit humain avec autant de véhémence. »
Nous ne saurions entrer dans l'étude circonstanciée des nombreux facteurs dont le concours a déterminé ce grave état de choses. Il y a, pour expliquer un malaise si profond, des raisons très diverses d'ordre économique et industriel ; il y a encore, et il y a surtout des raisons indubitables d'ordre politique et moral.
L'industrie depuis un siècle a pris un vaste essor. Elle a groupé dans des centres jusque-là déserts des masses d'hommes enlevés à la culture des champs et séduits par l’appât d'exploitations nouvelles. Ces hommes se sont coudoyés; ils se sont suggestionnés ; ils se sont comptés. De leurs rangs drus et pressés une armée a surgi, l’armée des travailleurs. De nouveaux Spartacus se sont mis à leur tête. Ils leur ont dépeint sous les couleurs les plus sombres l'infériorité de leur vie. Ils leur ont montré des besoins à satisfaire, des salaires à majorer, des terres à conquérir. Ils ont, trop souvent hélas! allumé dans leurs cœurs la flamme des convoitises malsaines, et le feu de cette haine du riche qui éclate si aisément dans ia mansarde du pauvre.
Ces idées et ces semences de discorde n’auraient jamais pu peutêtre raciner et grandir, si elles n'étaient tombées sur une terre préparée d'avance par le désordre des esprits et par l'état décadent des institutions et des mœurs. :
On sait que jadis, au moins dans les grandes villes, les classes laborieuses faisaient partie de corporations chrétiennes florissantes ’. Cette union des forces ouvrières, groupées, hiérarchisées selon la loi morale et les exigences professionnelles, mettait les
à ce sujet, le Père Castelein, S. J., Léon XIII et la Question sociale: mise au point, pp. 13-57, (Bruxelles, 1914).
1. Cf. Martin Saint-Léon, Hist, des corporations de métiers, (Paris, 1909).
abritaient et régularisaient le travai un coup funeste ; elle l’a isolé et liv l'individualisme et du libéralisme puissants ont abusé de leur force faiblesse de leurs employés.
outrés par le préjugé, ont fa hostilité sourde, formidable,
ceux qui commandent.
sans titres ni la peine sans espoirs. Que de consciences se sont rebellées contre des maîtres dont le pouvoir, sapé et découronné n'était plus pour elles qu'un
ne morgue inhumaine, des pro-
he et contraire à la plus essen-
ns moral et l'absence de l’idée
e des causes principales de cet en plusieurs régions, l’une contre l’autr:
et la classe des prolétaires.
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