‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 164 sur 260 · GR TO · texte numérisé non relu

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il y a là un phénomène anormal et inquiétant.

Dans le plan de la Providence, les éléments et les rouages qui forment l’ensemble du mécanisme social, tout en étant disparates et inégaux, sont faits pour s’harmoniser, non pour s’entraver :. Que çà et là, et accidentellement, des conflits de droits et des chocs d'intérêts se produisent, cela n’a rien qui doive nous étonner. Mais qu’une catégorie d'hommes se tienne en quelque sorte constaminent armée contre une autre catégorie de citoyens, c’est la ma rque révélatrice d'une perturbation profonde dans le concept abstrait et dans le fonctionnement naturel et régulier de la société. Cette situation ne peut durer, elle ne saurait surtout s'aggraver sans aboutir aux plus terribles catastisphes.

Le problème se pose dans une clarté brutale, et il sollicite de toutes parts, et en tous les pays, une solution opportune et nécessaire.

On offre au mal trois remèdes.

Le premier est radical et radicalement faux. Le deuxième est incomplet et s'inspire lui-même de doctrines erronées. Le troisième seul peut sauver l’ordre public de la ruine.

Le remède radical, c’est le socialisme.

Il n'entre pas dans notre dessein d’exposer et de réfuter au long ce système *. Nous croyons utile cependant d’en donner quelque idée, et de dire brièvement pourquoi pareille solution du problème social, loin d'atteindre le but proposé, bouleverse toutes les notions de droit et de justice, et menace la société d’un trorhle mortel et d’un chambardement général.

Qui dit socialisme, dit communauté de biens sous un régime de propriété collective ou du moins de gestion mise entre les mains de l'Etat.

1. “L'erreur capitale dans la question présente, c’est de croire que les deux classes sont ennemies nées l’une de l'autre, comme si la nature avait armé les riches et les pauvres pour qu'ils se combattent mutuellement dans un duel obstiné” (Léon XIII, encycl. Rerum novarum).

2. Voir (à part les manuels de Sociologie catholique) Soderini, Socialisme ct Catholicisme; Garriguet, Régime de la propriété; etc.

‘ordre économique privé

Ou dans le régime du travail : voilà, dans ses éléments essentiels, le socialisme d'Etat. »

Le socialisme absolu va plus loin: il s'attaque à la propriété elle-même, et il est ou partiel ou intégral. Nous appelons socialisme partiel celui qui, tout en respectant la propriété individuelle dans certains biens, lui soustrait néanmoins le bien premier et fondamental qui est le sol. C'est le socialisme agraire, patronné par Henry George, de Laveleye et autres. Le socialisme intégral comporte non seulement la nationalisation du sol, mais €ncore celle de tout capital et de tout moyen de production. C’est le collectivisme dans toute son ampleur, et tel que formulé et Soutenu par Karl Marx, Jules Guesde et leurs adeptes. Nous Omettons les nuances, lesquelles se diversifient à l'infini

Le socialisme même partiel est une cognée meurtrière enfoncée dans l'arbre social, et qui l’atteint en sa substance et jusqu’en ses racines.

Ce système repose sur le principe d'une égalité chimérique qui ne peut être, qui n’a jamais été, qui ne sera jamais. La société est Un Corps vivant où chaque partie a sa place marquée, et où chaque °rgane remplit sa fonction. «C’est la nature, dit Léon XIII*, qui a disposé parmi les hommes des différences aussi multiples que

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