Questions actuelles, t. CXII, p
3. Dans le vrai sens du mot, la justice sociale ne peut être que la justice
prolétaires un droit de revendication vis-à-vis de ce qu’ils n'ont pas le droit de revendiquer, parce qu’il ne s’agit, de la part de ceux qui possèdent, que de devoir de charité et non de justice. C’est au nom de la justice sociale qu'on mine le droit de propriété privée, réduisant celle-ci à n'être qu’une fonction sociale, alors qu'avant de comporter un devoir à l'égard du pauvre, elle consiste essentiellement en un droit inviolable ».
Ailleurs, le même théologien, développant sa pensée sur le rôle exact de la justice dans la question sociale, écrit :: « Les rapports entre patrons et ouvriers ne sont, dans la communauté, que des rapports de parties à parties. Or, c'est la justice cCommutative qui, de l'avis de saint Thomas et de tous les théologiens, doit régler ces rapports en égalisant ce qui est donné et ce qui est reçu. Sans doute, la justice commutative ne peut pas tout arranger dans les rapports des hommes entre eux. Mais il est une autre vertu fondée sur la communauté d’origine et de destinée des hommes, et aussi sur l'obligation de faire servir la propriété à la commune utilité de tous ?, qui interviendra là où la justice commutative ne peut plus être invoquée : j'ai nommé la charité. »
C'est la charité qui, Par son appoint, grossit ou supplée le salaire de l’ouvrier assez souvent incapable, pour des raisons très diverses, d’équilibrer le budget domestique.
L'ouvrier peut sans nul doute, et en vertu d’un droit formel, réclamer pour son travail un salaire équitable. Ce salaire correspond à la valeur du service rendu ; lequel, sans être précisément une marchandise (puisqu'il émane d’un être intelligent et libre) lui est en quelque manière comparé, et donne droit comme elle, selon les
&énérale ou légale des scolastiques, laquelle se distingue radicalement de la justice particulière, soit commutative, soit distributive. Seule la justice commutative constitue un droit strict, comportant restitution ou compensation <cf. saint Thomas, Som. théol. Il-Ilae QQ. LVIII, LXI, LXII, LXIII).