Questions actuelles, t. CXII, p
2 Encycl. Rerum novarum.
lois de la stricte justice, à une rétribution convenable et équivalente *.
Quelle est la base d'appréciation de cette équivalence ?
Nous la trouvons tout à la fois dans la fonction même du travail, et dans la fin pour laquelle le travail s'exécute. Le travailleur qui loue ses services prend part à la production d’une œuvre utile et rémunératrice; ce concours qu’il prête fait, entre le maitre et lui, l’objet d’un contrat onéreux. La justice commutative demande que le salaire convenu ne soit pas inférieur à la part d’utilité produite par le travail fourni. Et parce que l’ouvrier n’est pas une machine ni son travail une simple marchandise, et que dans ce travail se trouve d'ordinaire, pour un grand nombre d'hommes, l'unique moyen institué par la Providence de subvenir aux nécessités de la vie, la justice demande également « que le salaire ne soit pas insuffisant à faire subsister l’ouvrier sobre et honnête * ». C’est là le critérium d’après lequel, en des circonstances normales et selon l'estimation commune *, devra être établie l'équation requise entre la valeur du travail et le prix correspondant.
Faut-il, en stricte justice, que ce prix suffise à assurer non seulement la subsistance personnelle de l’ouvrier, mais encore celle de toute sa famille ?
Quelques-uns le prétendent et croient même pouvoir appuyer ce sentiment sur la doctrine de Léon XIII. Léon XIII, à notre avis, n’a rien dit qui justifie une telle opinion. Sous ses yeux, et l’on pourrait presque ajouter avec son approbation “, l’Eminentissime Zigliara a émis et soutenu l'opinion contraire, assurément bien fondée; voici son raisonnement: « Lorsque l’on observe l'égalité entre le salaire et le travail, on satisfait pleinement aux exigences de la justice commutative. Or, le travail est l’œuvre personnelle