‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 177 sur 260 · Encycl. Longinqua oceani et Graves de communi · texte numérisé non relu

Encycl. Longinqua oceani et Graves de communi

2. Lettre Singulari quadam aux Evêques d'Allemagne, 24 sept. 1912 ; voir aussi l’allocution consistoriale du 27 mai 1914. — Sur l'accord des directions de Léon XIII et de Pie X, cf. Quest. act. t. CXIII, pp. 197-202, 225-247, 385-391.

3 11 s’agit sans doute ici directement des ouvriers catholiques d'Allemagne, mais aussi, et par une suite logique nécessaire, des ouvriers de tout autre pays placés dans les mêmes conditions sociales,

c'est que les membres catholiques des syndicats mixtes fassent en même temps partie d'associations ou cercles catholiques dont la bonne influence puisse contrebalancer l'effet d’une promiscuité plus ou moins dangereuse: la seconde, c’est que ces unions mixtes s'abstiennent de toute théorie, de tout écrit, de tout acte en contradiction avec les enseignements et les préceptes de l'autorité religieuse compétente.

Nous arrêtons là cette courte revue des doctrines sociologiques formulées par l'Eglise et dont la série complète s'étend, comme le regard des Papes, jusqu'aux extrêmes limites du domaine social lui-même,

C’est par la parole d’abord, c’est aussi, et non moins efficacement, par l’action et par les faits que le pouvoir religieux s’applique et s’ingénie à résoudre le problème épineux d’où dépendent en tous les pays la paix publique et l'essor national. Le présent n’est en cela que la continuation du passé, d’un passé ruisselant de gloire, et riche de leçons utiles et d'institutions salutaires. Un fossé a été creusé entre les classes aisées et les classes lzborieuses. L'Eglise, pour le combler, ne se contente pas des œuvres de l'initiative individu!le. Elle en crée elle-même de nouvelles : œuvres d'éducation sociale, œuvres de restauration morale, œuvres de soulagement matériel et d'amélioration économique,

L'éducation sociale : elle est à faire chez tous ceux que l’égoisme ou l’individualisme paralyse, et qui ne se préoccupent ni des maux dont certaines classes de la société sont atteintes, ni des remèdes que cette situation fâcheuse rend nécessaires. L'Eglise comprend quel rôle décisif lui incombe. Elle suscite des cercles d’études, elle convoque des congrès, elle tient des journées et des semaines sociales où les âmes se touchent, où les idées s’échangent, où les projets se müûrissent, où le sens du bien public, qui n'est à vrai dire que l'œil de la charité et l'intelligence de la solidarité, s'éveille et se développe.

De là, elle descend sur un théâtre plus concret et dans le domaine des réalisations. Toute une forêt d'œuvres surgit à sa parole.

Le sort moral des populations l’intéresse, comme de juste, tout .d’abord; et l'assainissement, la réformation des mœurs absorbe

une très large part de ses soucis et de ses soins. C’est la raison de ces œuvres multiples semées sur tous les territoires, et qui ont nom: Tiers-Ordres, Comités paroissiaux, Ligues contre la profanation du dimanche, Ligues contre la licence des rues et des théâtres, Œuvres de la Préservation des jeunes filles et Foyers, Œuvres de la Préservation des jeunes gens et Patronages, Ligues antialcooliques , Aumôneries du travail ?, Œuvres du repos ouvrier, Colonies de vacances. « Si la société humaine, a écrit Léon XIII *, doit être guérie, elle ne le sera que par le retour à la vie et aux institutions du christianisme. » Former dans l'âme du peuple l'esprit chrétien et restaurer dans toute sa vie les mœurs chrétiennes, tel est le premier objet que l'Eglise, dans son prosélytisme social, se propose.

Elle ne s'arrête pas là, et les œuvres d'ordre matériel, animées du reste de l'esprit religieux que cette société porte et répand partout, sollicitent aussi ses efforts. Nommons (à part les œuvres de charité et de bienfaisance dont nous avons eu ailleurs l’occasion de parler) les Crèches, les Salles d'asile et les Jardins de l'enfance,

1. En réponse à une adresse présentée à sa Sainteté Pie X par la Ligue internationale contre l'alcoolisme, le card. Secrétaire d'Etat écrivait (23 avril 1914) : “Combien il est utile de montrer le ‘saw de l'alcoolisme dans ses effets économiques, moraux et physiologiques, en le mettant en corrélation avec la déchéance des individus dont il déprime et ruine la santé, l'intelligence, la conscience, la liberté; avec la déchéance des familles, au sein desquelles il engendre la confusion et le désordre; avec la déchéance de la société qu’il menace dans ses intérêts les plus graves! Aussi bien, parmi les œuvres sociales, il n’en est point de plus urgentes.” Cf. Mgr L-N. Bégin, Lettre pastorale et mandement au sujet de l'alcoolisme et des moyens à brendre pour en arrêter les progrès (Québec, 22 janv. 136).

2. Cf. Defourny, Les Congrès catholiques en Belgique, PP. 245-250 — De même que l'Eglise peut confier à des prêtres le soin de surveiller, dans les intérêts de la religion, l’enseignement des écoles, elle a aussi le droit de nommer des aumôniers du travail et de contrôler par eux, selon les exigences de sa doctrine et de sa morale, les unions ouvrières.

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