‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 182 sur 260 · Cf. L. Durand, ou. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. L. Durand, ou. cit., p

et imprégnés d’un esprit de sincère soumission aux enseignements catholiques. Non seulement tout principe pervers doit en être banni, mais, selon les paroles de Léon XII, « il faut viser avant tout à l'objet principal qui est le perfectionnement moral et religieux ; c'est surtout cette fin qui doit régler toute l’économie de ces sociétés : autrement, elles dégénéreraient bien vite et tomberaient, ou peu s’en faut, au rang des sociétés où la religion ne tient aucune place. Aussi bien, que servirait à l'artisan d’avoir trouvé l’abondance matérielle, si la disette d'aliments spirituels mettait en péril le salut de son âme »?

Ce que nous venons de dire à propos des ouvriers doit s'entendre également, proportion gardée, des patrons.

Les patrons ont le droit, naturel et inviolable, de mettre en commun leurs efforts et de constituer, eux aussi, des unions et des syndicats. Il ne s’agit pas pour eux de combattre le prolétariat, mais de promouvoir, dans les bornes de la charité et de la justice, les intérêts patronaux et de tenir en échec les tendances et les prétentions du syndicalisme égalitaire.

Est-ce à dire qu’il faille approuver, dans cette mise en faisceau des forces patronales, certaines ambitions excessives et certaines concentrations oppressives *? Le trust, qu’on voit régner d’une façon si arrogante notamment aux Etats-Unis, forme-t-il dans la société un rouage utile et n'est-il pas plutôt un abus d'influence commis par le patronat confédéré? « En somme, conclut l’abbé Antoine * après avoir discuté cette question, le trust sert certains intérêts privés, mais nuit gravement à l'intérêt général. » Et ce jugement nous paraît répondre très justement à la pensée de Léon XIII, lorsque ce pape dénonce «le monopole du travail et des effets de commerce, devenus le partage d’un petit nombre de riches

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