Léon XIII, encycl. Graves de communi
4. Voir spécialement l'Organisation du travail où l'auteur présente ses ob-
Le comte Albert de Mun est un des contemporains qui ont le plus vivement senti l'attrait et l’aiguillon de ce qu’il nomme Inimême sa « vocation sociale ! ». Qui a parcouru ses discours et ses écrits sociaux reste émerveillé, moins encore de la richesse de sa pensée et de la sonorité sornptueuse de son verbe, que du souffle chevaleresque et fièrement catholique dont ces pages srnt sans cesse animées. L'amour de l’ouvrier, le désir d'améliorer sa vie matérielle, le désir surtout de lui mettre dans l'âme la foi qui éclaire et l’espoir qui soutient, transforment l’orateur et l'écrivain en véritable apôtre, éloquent et passionné. Et ce zèle d’une inspiration si haute ne s’enferme pas dans l’abstraite théorie. Il aborde la réalité, il descend dans la mêlée des faits. En Chambre, hors de la Chambre, de Mun appelle de toute la force de sa parole les réformes qu'il croit utiles et les lois sociales qu'il juge propres à les assurer. Et si cette parole a remporté les plus éclatants triomphes, c'est que, sans doute, elle était l’organe d’un grand talent oratoire; c’est que, surtout, elle traduisait l’âme hautement chrétienne d'un fondateur de cercles ouvriers et d’un bienfaiteur insigne et infatigable des classes prolétaires ?.
D'autres laïques éminents, et chez d’autres nations, tels les comtes Soderini et Medolago Albani en Italie, M. Decurtins en Suisse, M. Vogelsang en Autriche, MM. Helleputte et Verhaegen en Belgique, se sont distingués (pas tous, il est vrai, avec la même sûreté de doctrine) dans le champ des études sociales catholiques et ont attaché leur nom au mouvement social moderne.
C’est un domaine qui s'ouvre à une vaste culture et où, par l’action de l'Eglise, et par le concours des hommes de bien qui l'ont si noblement secondée, il s’est fait à notre époque un travail de
servations sous une forme condensée et très précise, malheureusement teintée de libéralisme. — Sur certains défauts de la méthode de Le Play, cf. Antoine, ouv. cit, pp. 22-25.