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Droit public de l'Eglise. Principes généraux, 2e leçon

2. Cf. Antoine, ouv. cit. ch. III. — Saint Thomas (Som. théol. Il-ITae Q. LXVI, a. 8) enseigne que “les princes sont, en vertu de leur pouvoir souverain, les gardiens de la justice ”. I1 dit ailleurs (De regim. princ. 1 I, ch. 15): “Il entre dans les attributions royales de favoriser le progrès, de redresser les abus, et de suppléer à ce qui manque. ”

périté découle sans effort de l’harmonieux équilibre des forces et des travaux de toute la nation. « Or, ce qui fait une nation prospère, c'est la probité des mœurs, des familles fondées sur des bases d'ordre et de moralité, la pratique de la religion et le respect de la justice *, une imposition modérée et une répartition équitable des charges publiques, le progrès de l'industrie et du commerce, une agriculture florissante et d’autres éléments, s’il en est du même genre, toutes choses que l’on ne peut procurer et favoriser sans accroître dans la même mesure la fortune et le bonheur des citoyens ?. ”

Dans une société où la loi de Dieu influe sur la loi humaine et où celle-ci, à son tour, règle équitablement les rapports et les mouvements sociaux, il est impossible que le flot de la richesse publique ne se déverse sur toutes les classes, et que les classes 1aborieuses elles-mêmes n’en éprouvent, sous diverses formes, quelque effet et quelque bien-être. Aussi, conclut Léon XIII #, « plus se multiplieront les avantages résultant de cette action d'ordre général, moins on aura besoin de recourir à d’autres expédients pour remédier à la condition des travailleurs ».

Il arrive néanmoins que les égarements de l'esprit et le déchai-

1. Sous un bon &ouvernement, on voit fleurir, avec la prudence féconde en mesures opportunes, la justice sous toutes ses formes: la justice générale ou légale, par laquelle les lois s'adaptent immédiatement, et d'une façon aussi parfaite que possible, aux exigences du bien commun, et la justice particulière, laquelle (nous l'avons vu) se divise en justice distributive, d'où dépend l’équitable et proportionnelle distribution faite aux citoyens des impôts et des Charges, des droits et des honneurs, et en justice commufative d’où relèvent les rapports juridiques des citoyens entre eux. (Voir saint Thomas, Som. théol., II-Ilae QQ. LVIII et LXI).

2 Léon XIII, encycl. Rerum novarum.

3. Encycl, cit. — En vertu des principes énoncés par le Pape, les hommes d'Etat sont tenus d'organiser la société de façon à ce que, communément et “en temps normal, les ouvriers trouvent le travail nécessaire pour gagner leur pain; et c’est en ce sens qu’on peut dire que l'ouvrier, de par la nature, a droit au travail: droit basé, non sur la justice commutative, mais sur la justice &énérale et distributive.

de conséquences et qui appelle les plus prompts remèdes. Et, dès lors qu’il semble impossible d’y remédier autrement, l'Etat doit à la société un concours Spécial qui rétablisse la paix dans l’ordre et qui subvienne aux besoins les plus étendus et les plus pressants. t Que l'Etat se fasse donc, à un titre tout particulier, la providence des travailleurs qui appartiennent à la classe pauvre en général ?. »

D'après Liberatore?, l'action du gouvernement en économie politique peut se traduire par ces deux mots: « défense des faibles, direction des forts ». à

Ce qu’on attend de l'Etat, c'est donc, en premier lieu, une action tutélaire et génératrice de justice *: cette action implique les mesures nécessaires Pour réprimer les abus et écarter les dangers qui menacent les droits et les intérêts d’une classe, et souvent le bien de la société tout entière. Les paroles de Léon XIII énoncent tout un Progtamme. « S'il arrive, dit le Pape ‘, que les Ouvriers, abandonnant le travail ou le suspendant par les grèves, menacent la tranquillité publique : que les liens naturels de la famille se relâchent parmi les travailleurs; qu'on foule aux pieds la religion des ouvriers, en ne leur facilitant point l’accomplissement de leurs devoirs envers Dieu; que la promiscuité des sexes, ou d’autrès excitations au vice, constituent dans les usines un péril pour là moralité: que les patrons écrasent les travailleurs sous le poids de fardeaux iniques, ou déshonorent en eux la personne

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