Ibid
3 Antoine, ouv. cit., pp. 515-518;—cf. Monetti, Problemi varii di Sociologia particulare ed applicata, pp. 220-224.
Cette fonction dont nous avons parlé jusqu'ici, de tutelle et de contrainte juridique en matière sociale, relève immédiatement et à titre principal de l'autorité civile. I1 est une autre tâche, moins directe et moins importante sans doute, qui convient également à l'Etat, et que les chefs d'Etat, dévoués à la chose publique et aux classes laborieuses, se font gloire de remplir. Nous la trouvons contenue, comme en principe, dans cet énoncé très bref mais très suggestif : « L'Etat doit favoriser tout ce qui, de près ou de loin, parait de nature à améliorer le sort des travailleurs :. »
C'est dire, en premier lieu, qu’il est du devoir de l'autorité publique d’entourer d’une sollicitude spéciale les institutions et les œuvres de charité et de bienfaisance, écloses sous le souffle de l'Eglise ou par les soins de l'initiative privée. Si l'Etat n’a pas luimême à faire la charité ?, ce qui est le Propre des particuliers, il peut du moins prêter à ceux qui la font le secours de la loi, et cela de deux manières : d’abord, en ne refusant pas la personnalité civile aux congrégations religieuses et aux institutions bienfaisantes qui la sollicitent : de plus, en exemptant des taxes communes tous les établissements et toutes les œuvres qui ont pour but spécial l’instruction ou le soulagement des pauvres 3.
En second lieu, dans l'élaboration des lois fiscales et économiques, c’est sans doute le bien de tous et l'intérêt de toutes les classes que les gouvernants doivent viser. Mais cet intérêt même
r. Encycl. Rerum novarum.
2. “ L'Etat n'a ni le devoir ni le droit de f: il? L'Etat ne possède rien, car il n ... Mais il n'a ever au légitime propriétaire une autres personnes qui n'y ont aucun eler la charité sociale, l'Etat ne fait il l'impose aux particuliers, il dispose gnements de l'Eglise.” (L, Durand, t. CXIII, pp. 240-41).
l'Eglise. L'Organisation religieuse et le Pouvoir civil, IVe P, ch. 4.
sera d'autant mieux servi que les classes inférieures, d’où naissent trop souvent les troubles et les conflits sociaux, jouiront de plus grands avantages et seront l'objet d’une législation moins oublieuse de leurs mérites et plus attentive à leurs besoins. « L'équité demande donc que l'Etat se préoccupe des travailleurs et fasse en sorte que, de tous les biens qu’ils procurent à la société, il leur en revienne une part convenable, comme l'habitation et le vêtement, et qu’ils puissent vivre au prix de moins de peines et de privations !. »
Conséquemment, il n’est que juste de féliciter les législateurs convaincus de l'utilité qu'offrent pour le peuple des logements sains, des jardins ouvriers, des établissements de crédit, des caisses . d'épargne, des sociétés mutualistes, des coopératives sagement réglées, et empressés à accréditer et à favoriser de toutes manières, par des lois, des primes, des subventions, ces œuvres et ces entreprises nées de l'initiative privée, mais auxquelles la puissance temporelle peut être d’un très grand secours.
S'il se trouve cependant que ni l’action de l'Eglise ni celle des particuliers ne suffisent à satisaire les besoins les plus urgents du prolétariat, dans ces cas, mais alors seulement, l'Etat (en vertu de ses devoirs de justice générale à l’endroit du bien commun et de justice distributive à l'égard des classes les plus besogneuses } peut et doit intervenir, en créant de son chef des œuvres de prévoyance et même d'assistance publique ?. C’est ce qui, en toute évidence, découle des principes mêmes sur lesquels repose la mission propre et l’organisation des sociétés politiques. Aussi Liberatore n’hésite-t-il pas à écrire*: « Là où l'Eglise, aujourd’hui