LE CULTE
A la base des hommages extérieurs dus au Créateur est le repos du dimanche. j
L'observation scrupuleuse des jours fériés remonte, en notre paye, aux premiers jours de son histoire, C’est, chez nous, un usage vénéré et une forte et populaire tradition, à la fois religieuse et nationale ?; et ce n’est qu'à la suite de certains progrès très récents de l’industrie qu'on a commencé, au moins continàment et systématiquement, d'y porter atteinte *. L’appât du lucre, la nécessité vraie ou feinte de divers travaux, la crainte de pertes matérielles plus où moins lourdes, ont engendré chez quelques patrons, étrangers à notre pays, ou insoucieux des choses de la foi, et dont nos ouvriers subissent la loi, une mentalité hostile au repos dominical,
Ce n’est pas là cependant, dans la classe patronale, un vice commun; et, dans toutes les provinces confédérées du Canada, règne encore au cœur du peuple, malgré des entraînements passagers, le respect sincère du dimanche. Cette observance générale varie, sans doute, selon les différents cultes; mais elle accuse, dans tous les groupes de la société canadienne, un noble et profond attachement au repos hebdomadaire traditionnel, repos que l'on retrouve chez toutes les nations chrétiennes.
En prévision d'abus possibles et pour remédier à certains dé-
1 N. 538. — Sur jet, voir dans la Rezne du Notariat (15 mars 1915) une étude canonico-civile de M, le chan. Jos.-N. Gignac, prof. de Droit canonique à l'Université Laval.
2. Voir dans Gosselin (Mgr de Saint-V’allier, pp. 300-311) comment, sous le régime français, la loi sanctionnait la sanctification du dimanche,
3. Cf. Lettre pastorale de Mgr Labrecque, évêque de Chicoutimi, sur la sanctification du dimanche et le repos dominical (13 déc. 1912).
sordres, quelques statuts provinciaux contenaient déjà diverses prohibitions relatives au dimanche. En 1906, sous l'administratior. Laurier, une loi fédérale fut votée !, obligatoire pour tous les citoyens (sans excepter les Juifs), respectueux toutefois du droit local des provinces? Et, chose consolante, on vit, dans la discussion de cette loi, les têtes diri is si
La loi canadienne du dimanche n’est assurément pas parfaite. D'aucuns trouveront que, sur certains points, elle pèche soit par défaut soit par excès. Elle témoigne néanmoins, de la part des législateurs, d’un désir très louable de concilier les obligations du repos et de la conscience avec les nécessités de la vie et les exigences de l'intérêt social, Et les travaux, permis ou prohibés, dont elle présente la double série, s’'harmonisent dans une très large mesure avec les prescriptions du Premier Concile plénier de Québec®.
L'application Prompte et ferme de la loi sera d'un Puissant secours dans la lutte contre les abus naissants, poursuivie et dirigée avec un zèle vigilant par l'Eglise,
L'Eglise au Canada non seul
C'est d'elle, n e relèveut tous les détails de l'administra et i i
5, concernant prétentions