‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 28 sur 260 · Voir Droit public de l'Eglise. Principes généraus · texte numérisé non relu

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elle implique une étrange et lamentable confusion d'idées où le domaine civil s. mêle au domaine religieux *, et où le pouvoir temporel s'ingère en des questions d’un ordre absolument supérieur. On dira que c’est là de la philosophie d'un autre âge. Nous n'ignorons pas jusqu’à quel point certains esprits légers et mal formés répugnent aux notions les plus essentielles de l'Eglise et aux lois. régulatrices de ses rapports avec l'Etat. Nous persistons à croire que ces notions mieux comprises jetteraient sur de graves problèmes une 11mière bienfaisante, et que ces lois mieux respectées. seraient partout pour les peuples un gage précieux de salut.

Personne ne nous fera admettre qu'il est juste et sensé: d’assujettir la puissance religieuse, même lorsqu'elle fait erreur, à une puissance subalterne, diverse, et souvent adverse. « L'abus. d’un pouvoir ni ne détruit ce pouvoir, ni ne le subordonne à un autre: autrement c'en serait fait de tout pouvoir suprême parmi les hommes ?. » On ne peut donc, sans entamer l'essence même del'Église du Christ et sans bouleverser la hiérarchie des juridictions, rendre le pouvoir religieux justiciable des cours et des. conseils d'Etat.

L'appel comme d'abus n’est que la mise en acte d'une doctrine: erronée, et l’Église, loin d’avoir jamais consenti à ce désordre, «l’a constamment et formellement condamné. Sixte IV par une bulle ad hoc proscrivit solennellement cette prétention de l'Etat. Léon XII, dans une lettre au roi de France, la qualifia d’usurpation manifeste des droits sacrés de l'Eglise, et Pie IX, dans la condamnation qu'il porta contre les écrits de Nuytz, range parmi les erreurs de celui-ci l'appel comme d'abus * ». Ajoutons à cela.

1. Une femme de haute vertu et de grand bon sens, la Vén. Marie de l’Incarnation, écrivait un jour: “ Quand sera-ce que les puissances du siècle ne se méleront que de ce qui les concerne, et qu’elles laisseront les serviteurs de: Dieu en paix?” (Lettres par Richaudeau, t. I, p. 303).

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