CHAPITRE SIXIEME
LA PRESSE RELIGIEUSK
C’est du haut des tribunes sacrées que retentit la parole spécialement destinée à transmettre et à propager l'Evangile. C'est par des lettres et des décrets, par des définitions et des promulgations, que les Chefs et les Pasteurs: de l'Eglise fixent et maintiennent les vérités de la foi, les préceptes de la morale, les règles de la discipline.
Là, dans ce langage clair, traditionnel, authentique, est le grand moyen institué par Dieu pour former et diriger les consciences, pour instruire et moraliser les peuples.
Ce moyen tient la première place; il n’est pas exclusif. Et plus les voix pastorales, d’où dépendent la pureté des mœurs et l'intégrité des croyances, ont d’échos, plus il y a chance pour les âmes d’être atteintes et d’être pénétrées par l’action de l'Eglise et par l'influence du Christ lui-même. Les livres apologétiques jouent, à toutes les époques, un rôle très marqué; la presse religieuse prend, de nos jours surtout, une importance capitale, et répond à un besoin de plus en plus pressant.
De ce besoin, aucun lecteur et aucun observateur averti ne saurait disconvenir. Trop de spectacles lamentables l’attestent.
Que voyons-nous ?
Le flot des doctrines perverses s’épanche par tous les canaux de la publicité. Le poison des suggestions malsaines s’infiltre par toutes les fissures ouvertes dans les esprits imprudents et dans les
consciences téméraires. Ce danger grave, envahissant, appelle un remède. Et ce remède doit être tel qu’il s’adapte en quelque sorte au mal, qu’il le suive en tous ses Progrès, et qu’il le combatte sur tous les terrains. Rien donc ne semble plus propre à compléter l'œuvre de l'enseignement chrétien, et à faire rayonner sur nos indigences ses leçons et ses directions, qu’une presse hautement et franchement catholique.
C'est là un fait d'expérience et une vérité sociale que l’on comprend de mieux en mieux: et nous avons, pour nous en convaincre davantage, l'autorité et l’opportune déclaration des deux derniers Papes défunts. Léon il pas, il y a plus de vingt
S voyez, vénérables Frères, Eglise r>andent de toutes x, le poison de leurs idées
es appropriés. »
il pas clairement traduit sa pensée en
es partout.
de notre temps, employer des moyens qui soient appropriés à ses habitudes, C’est pourquoi aux écrits opposons les écrits; aux erreurs Propagées ça et 1à, la vérité ; aux poisons des mauvaises lectures, le remède des ee 1. Encycl. Constanti Hungarorum, 2 sept. 1893. 2. Bref Quo tu Prudentia, 27 mai 1907.
lectures salutaires ; aux journaux dont l'influence pernicieuse se fait sentir tous les jours, au moins le bon journal. Mettre de côté de semblables moyens, c’est se condamner à n'avoir aucune action sur le peuple, et ne rien comprendre au caractère de son temps; au contraire, celui-là se montrera juge excellent de son époque, qui, pour semer la vérité dans les âmes, et la propager parmi le peuple, saura se servir avec adresse, zèle et constance, de la presse quotidienne. »
Il existe sans doute, en presque tous les pays, des journaux politiques rédigés par des écrivains catholiques, et favorables à la foi catholique. Nous ne discutons pas leur mérite, nous ne contestons pas leur raison d’être. La presse politique forme une partie intégrante de l'organisme social moderne. Mais cette presse, précisément parce qu'elle est politique, c’est-à-dire dévouée aux intérêts d’un parti ou d’un régime politique, ne jouit pas toujours, il s’en faut bien, de l'indépendance de vues et de la liberté d’action nécessaires à la défense de la vérité religieuse et des intérêts religieux. Dans un conflit possible entre ce que réclament les droits sacrés de l'Eglise et ce que suggèrent certaines visées et certaines manœuvres parlementaires ou électorales, combien de journaux politiques se rangeront carrément sous le drapeau catholique ? Le cas s’est posé plus d’une fois, et plus d’une fois aussi, et par le fait de plus d’un parti, l'Eglise s’est trouvée en présence d’une solution fâcheuse et déconcertante pour elle-même -+ pour les saintes causes dont elle est chargée.
L'expérience générale démontre que, dans nos temps d’aberrations profondes et de luttes complexes et confuses, non seulement il y a place pour une presse religieuse, mais que ce genre de journalisme s'impose.
Il s'impose par sa nécessité évidente.
D'autre part, les intérêts mêmes de la religion qu'il sert et la situation délicate qu’il occupe lui dictent des lois d'existence et des conditions de fonctionnement, dont, pour une très grande part, le succès de sa mission dépend.
Sans être nécessairement, ni même le plus souvent, l’organe