Lettre du 2 juillet
dessus des querelles de clan et des intérêts de parti, de ne faire de leur journal ni une arme personnelle ni un tremplin politique, de ne pas louer complaisamment chez les uns ce qu’ils condamnent avec raison chez les autres, mais de viser avant tout et de travailler avec équité et désintéressement au plus grand bien de la religion et de la morale :.
Mettre en o“bli ces règles si sages, c’est trahir la cause de Dieu et des âmes.
« Sil s'agit, dit Léon XIII *, de questions purement politiques, du meilleur genre de Souvernement, de tel ou tel système d’administration civile, des divergences honnêtes sont permises. La justice ne souffre donc pas que l’on fasse un crime à des hommes dont la piété est d’ailleurs connue et l'esprit tout disposé à accepter docilement les décisions du Saint-Siège, de ce qu’ils sont làdessus d’un avis différent. Encore moins est-il permis de suspecter leur foi ou de les accuser de la trähir. Que ce soit là une loi inviolable pour les écrivains et surtout pour les journalistes. Dans une lutte où les plus graves intérêts sont en jeu, il ne faut laisser aucune place aux dissensions intestines ou à l'esprit de parti. » Aülleurs ,* Léon XIII demande aux catholiques deux choses : l’une, de ne jamais professer ni entreprendre quoi que ce soit qui répugne à la foi chrétienne ou aux droits de l’Église; l’autre, de distinguer avec soin les affaires sacrées des affaires civiles et de ne pas faire servir le nom de la religion à patronner les partis politiques.
1. À quelqu'un qui lui offrait en 1861 une candidature royaliste, Louis Veuillot répondait: “Je ne suis, ni ne puis, ni ne veux être engagé envers aucun parti... Je suis l’humble serviteur de l'Eglise, je porte sa livrée, je n'accepte aucun autre caractère, parce que je n’accepterais nucune autre servitude... Ma profession de foi même politique, c'est le credo. ” (Louis Veuillot par Eug. Veuillot, t. III, 6e éd., pp. 418-419). “ Le point fixe de Louis Veuillot, ce n'était pas un régime, c'était la religion. Il y demeurait immuable, et laissait, devant lui, se déplacer l'horizon politique” (Jbid., t, IV, 2e éd, p. 254).