‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 37 sur 260 · Léon XIII, encyl. Sapientiæ christianæ, 10 janv · texte numérisé non relu

Léon XIII, encyl. Sapientiæ christianæ, 10 janv

et de nos pratiques religieuses, il peut être à propos, nécessaire même d’user de la verge. Louis Veuillot excella en ce genre: sa verve barbelée écorcha plus d’un mécréant, et son esprit chargé à mMitraille fit sombrer dans le ridicule plus d’une feuille libre-penseuse ”. Il est des insulteurs du Christ et des corrupteurs de la foi, des traitres à leurs devoirs les plus graves et des violateurs de nos droits les plus sacrés, qu’il faut vaincre et qu'on ne peut convaincre. Contre eux, pas de haine sans doute: mais, non plus, point de fausse pitié.

Quant à ceux, et ils sont nombreux, qui par ignorance, illusion, intérêt même, et non par esprit d’hostilité contre la religion, usent d’un langage imprécis et surtout se laissent aller à des paroles suspectes ou à des actes blâmables, la loi de l’ordre veut justement que, sans outrer leur pensée ni fausser leur attitude, on relève ce qu'ils font et on discute et mette au point ce qu’ils disent ; elle ne‘dispense, pour cela, ni du précepte de la charité, ni des règles de la vraie prudence. Ces deux vertus n'excluent pas le courage, elles le Souvernent ; elles ne signifient pas mollesse ou faiblesse, mais souci du plus grand bien dans la défense de la vérité ?. La polémique chrétienne n'a pas pour but de pousser les fidèles hors de l’Eglise, mais de les y retenir; et c’est en éclairant vivement les esprits, non en irritant inutilement les cœurs, qu’elle remplit ce rôle salutaire.

L'Eglise le sait bien, elle qui, par l'organe des Papes et des Evêques, donne aux écrivains catholiques des conseils empreints d'un si remarquable sens d'équité. «Les écrivains, dit Léon

1. Mentionnons ici le magnifique Bref adressé, le 22 oct. 1913, par Pie X à M. F. Veuillot, neveu de Ls Veuillot, bref dans lequel le Pape loue hautement le grand journaliste catholique, son attachement au Saint-Siège, son amour de la vérité, son désintéressement, son Courage, et où il propose comme modèle “ ensemble de sa carrière illustre à ceux qui luttent pour l'Eglise et les causes saintes ”,

2. On a donc tort de faire appel à la charité pour excuser l’atténuation des doctrines et l'abandon des droits; et l’on a tort également de faire fi de la charité et même de la justice, en cultivant certaine manière agressive, déloyale et calomnieuse, de traiter les personnes.

XIII !, peuvent beaucoup en bien et en mal. Comme il n'y a rien de plus contraire à la concorde que la violence du langage, les jugements téméraires, les calomnies, il faut éviter et détester tout ce qui y ressemble. Pour la défense des droits sacrés de l'Eglise et de la doctrine catholique, ce n’est pas des débats acrimonieux qu'il faut, mais une discussion modérée et mesurée, où le poids des arguments, plutôt que la violence et l’âpreté du style, donne raison à l’écrivain.» Pie X ne pense pas autrement. « En vain, écrivaitil dès son élévation au souverain pontificat ?, en vain espèrerait-on attirer les âmes à Dieu par un zèle empreint d'amertume : reprocher durement les erreurs et reprendre les vices avec âpreté, cause très souvent plus de dommage que de profit 5, »

Ce sont là, à l’usage de tous, des principes hors de conteste. Et quoique certains catholiques prêtent malheureusement à la cri-

tique, et que cette critique très justifiée ne puisse parfois se dé- ‘ 1

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