Giobbio, owv. et vol. cit, App, Docum. IV, V, VI
injustifiable qu'on lui reprocherait, elle la reproche de son côté, et avec non moins de raison, aux pouvoirs et aux hommes publics qui affichent la prétention de réglementer la société du Christ, et la formation de ses cadres et de sa spirituelle milice.
Elle veut être, et c’est son droit, absolument autonome en toutes les matières qui font partie de son domaine ; et cette autonomie, si juste et si désirable pour elle, n'importe pas d’ailleurs uniquement à elle-même.
Il est banal de rappeler quels immenses et inappréciables services non seulement d'ordre privé, mais encore d’ordre public, le prêtre rend à l'humanité: c’est l'ambassadeur des peuples auprès. de Dieu, et c’est le dispensateur des grâces auprès des hommes.
Le droit canonique et l'intérêt social s'unissent donc pour demander que l’Etat laisse à l'Eglise pleine liberté dans le choix et l’ordination de ses ministres, qu’il reconnaisse la classe sacerdotale avec tous les privilèges que sa mission exige, et qu'it tienne compte de toutes les obligations et de toutes les convenances auxquelles sa vocation la soumet :.
1. Bien arbitraire, et bien opposé à tout ce qu'autorise la plus élémentaire liberté, fut l'acte de l'Etat suisse qui, il y a quarante ans, osa proscrire le port de la soutane sous peine de prison et d'amende! (Jeantet, Le Card. Mermillod, p. 521). La République portugaise, dans sa loi du 20 avril 1911 (art. 176), s'est rendue coupable du même geste anticlérical.