‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 46 sur 260 · Conc. de Trente, Sess. XXIV, can · texte numérisé non relu

Conc. de Trente, Sess. XXIV, can

l'infidélité: les personnes, non marquées du sceau du baptême, sont incapables de tout autre privilège sacramentel. Il s'agit dans cette étude d’unions matrimoniales chrétiennes, et nous affirmons, à l'encontre de la théorie opposée ', que tout mariage contracté entre chrétiens revêt, par le fait même, une telle façon d'exister qu’il n’y a plus lieu, en ces unions, + à: tinguer réellement ce qui est contrat de ce qui est sacrement. ! . sarrem nt pénètre, transforme, surnaturalise le contrat: ;, :. ajoite ps seulement, il est le contrat lui-même dont Ti oui: die, par ne disposition antécédente et générale de :: : -ovidence 1 « tre icramentel spécial et un instrument producteur de <a er x

Il y a là, principalement, une quest ë tai.

Dieu l’a ainsi voulu. Et cet acte d> divir et suprème volonté doit, comme tout fait historique, se prouver 1: des témoignages certains et appropriés, c’est-à-dire par l'atresation de ceux qui ont mission de nous expliquer et de nou ransmettre la véritable pensée du Christ.

Interrogeons brièvement les plus sûrs interprètes de la tradition chrétienne.

Dans le langage de ces docteurs, le sacrement de mariage nous est représenté, non comme une modalité greffée en quelque sorte sur l’union conjugale, mais comme cette union elle-même modelée sur l'alliance mystique du Christ et de son Eglise, et transformée par l'influence divine en un principe merveilleux de sanctification. Or, qu'est-ce que l’union des époux, sinon l’acte contractuel par lequel ces derniers échangent dans une confiance réciproque leur consentement mutuel? Chez les chrétiens donc, et d’après l’enseignement catholique, sacrement et contrat sont deux choses réellement identiques. C’est la conclusion formulée par saint Thomas d'Aquin, lorsqu'il dit’: « Le mariage, c'est-à-dire l'union même de l’homme et de la femme s’associant pour donner à Dieu des

1 Cf. Commentaria in Sum. theol. D. Thomæ, t. VI, Dist. VII, Q. IL, art. 2. 2. Somme contre les Gentils, 1. IV, ch. 78.

enfants et pour leur apprendre à le servir, est un sacrement de l'Eglise. »

Nous n'avons ni le temps ni le désir d'aller surprendre, sous la lettre même des textes, la pensée de tous les maîtres qui au cours des âges, et dans les écoles théologiques, ont plus ou moins clairement, plus ou moins expressément enseigné ou insinué cette doctrine. Nous préférons évoquer quelques témoins de la foi plus rapprochés de nous, mais dont la parole n’est que l'écho des croyances et des traditions anciennes.

« C’est un dogme, écrivaient en 1861 les Evèêques de l'Ombrie :, que le mariage est vraiment et à Proprement parler un des sept Sacrements de la loi évangélique institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ, qu'il n’est pas d'institution humaine ni ecclésiastique, et qu'il confère la grâce de Dieu comme les autres sacrements, — D'où il appert que le Christ n’a pas institué un sacrement à part pour sanctifier le mariage et pour l'ajouter au contrat en guise de consécration, mais qu'il a élevé le mariage lui-même à la dignité de sacrement. Dans le concept chrétien du mariage, le sacrement et le contrat ne sont pas deux réalités séparées, mais une seule entité; le sacrement n'est pas une qualite accidentelle et accessoire, mais un élément constitutif, essentiel et indispensable au mariage. On voit par là comme la théorie de la séparation du contrat et du sacrement est en opposition avec l’enseignement catholique, et comme c'est à bon droit que le Saint-Siège * déclarait naguère qu'une loi civile qui prétend séparer le sacrement du contrat en ce qui concerne le mariage des catholiques et en déterminer les conditions de validité, est en contradiction manifeste avec la doctrine de l’Église ®, »

Dans un mandement de Ms Perraud sur le mariage chrétien,

1. Œuvres pastorales du card. Pecci, trad. Lury, t. II, PP. 14-15.

Page 1