Som. théol., II-Ilae, Q. CLIV, art
4 De l'inf. du Christ, sur le droit civil des Romains, p. 191.
pables. « Souvent l'espoir du mariage enhardit la passion et fascine la faiblesse ?, » L’impossibilité de l'union met au contaire un frein à la fougue de l'instinct et détourne vers d’autres objets l'impulsion des désirs.
Saint Thomas voit encore dans les lois de l'Eglise sur l'empéchement de parenté un moyen d’éteindre ou d’affaiblir parmi les peuples l'esprit de clan ou de caste, et de substituer à cet esprit une pratique plus largement ouverte aux sentiments de fraternité et de solidarité. « Saint Augustin ? a insisté avec force et éloquence sur cette considération. Il faut en tenir grand compte, quand on veut pénétrer dans le système chrétien sur les empéchements. C'était une vue éminemment sage et d'intérêt social que d'empêcher les mariages de se concentrer dans la famille, elle qui peut s’en passer pour se Souverner sous l’influence de la bienveillance; de les favoriser au contraire au dehors de Ja famille, afin de cimenter le lien de la société par les alliances d'où découlent une charité plus vive, une concorde plus durable.5, »
Ajoutons une dernière raison tirée de l'hygiène du mariage et fondée sur une loi naturelle dont la science et l'expérience démontrent toute la vérité . « Quelle loi dans la nature entière, dit Joseph de Maistre®, est plus évidente que celle qui a statué que tout ce qui germe dans l'univers désire un sol étranger ? La graine se développe à regret sur ce même sol qui porta la tige dont elle descend; il faut semer sur la montagne le blé de la plaine, et dans la plaine celui de la montagne ; de tous côtés, on appelle la semence lointaine. La loi dans le règne animal devient plus frappante:; ainsi tous les législateurs lui rendirent hommage par des prohibitions plus ou moins étendues.» C’est qu’en effet, comme le témoignent nombre d'hommes compétents, les mariages consanguins sont fréquemment frappés de stérilité, et que, quand ils sont