Ibid., end. cit
6. Ibid., p. 69. — Cf. les Quest. act., t. CXI, p. 217, où il est dit, d'après une publication protestante, que dans certains Etats 11 suffit de demander le divorce pour l'obtenir, et que, en Californie, la proportion des divorces comparés aux mariages est de un sur six.
ne pas exalter le zèle aussi prévoyant que tenace avec lequel l'Eglise du Christ n'a cessé, tout le long de son histoire, de s'employer à maintenir et à consolider les liens de l'union conjugale!
Lorsque, en 1884, à la Chambre des députés de France, une proposition de loi fut déposée tendant à rétablir le divorce, Ms Freppel s’éleva avec éloquence contre le projet, et voici en quels termes le vaillant prélat rappelait cette noble et salutaire influence religieuse ?.
C'est la gloire, c'est la grandeur de l'Eglise catholique d'avoir ramené le mariage aux conditions primordiales €- son institution, de l'avoir dégagé des imperfections de la loi mosaïque, d'en … oir fait un lien plus fort et plus puis- Sant que tous les caprices et toutes les passions de l'homme.
Appuyée sur les conséquences du droit naturel, sur le droit divin positif, sur le droit ecclésiastique, sur le droit civil lui-même, l'Eglise était parvenue à faire triompher dans le monde civilisé le principe de l'indissolubilité conjugale.
Pour arriver à ce grand résultat, elle avait dû lutter pendant des siècles <ontre l'empire romain, qui, comme le disait Martial, avait organisé l’adultère à la faveur du divorce, contre les Césars de Byzance, vos véritables pré- Curseurs à vous, républicains français, dans ce relâchement et dans cette rupture du lien matrimonial.
Pour faire triompher ce principe dans le monde, l'Eglise avait lutté contre les barbares impatients de tout frein, contre les mœurs de la féodalité, contre le despotisme des princes, contre les Caribert de Neustrie, les Dagobert Ier, les Philippe Ier, les Philippe-Auguste, tous ces souverains qui avaient oublié que l'Evangile lie les grands comme les petits, les forts non moins que les faibles,
Plutôt que de fléchir sur ce point capital, l'Eglise avait mieux aimé voir l'Angleterre se détacher d’elle, à la suite d'Henri VIII, ce contempteur cynique de l'indissolubilité du mariage.
C'est après de tels efforts, au prix de tels sacrifices, grâce à dix-huit siècles de luttes persévérantes, héroïques, mélées de revers et de succès, mais toujours admirables de grandeur et de beauté morale, que l'Eglise est parvenue à maintenir dans le monde civilisé le principe de l'indissolubilité conjugale.
Et voici que, méconnaissant ce résultat, l’un des plus élevés de la civilisation, vous allez y porter atteinte à votre tour, au risque de renier, avec la doctrine de l'Eglise, les meilleures traditions de la France!