LE RÔLE DE L'ÉTAT EN MATIÈRE DE MARIAGE
Pour bien définir et délimiter l’objet contenu sous ce titre, il est nécessaire de distinguer les attributions qui peuvent convenir au pouvoir civil dans l'ordre purement naturel et celles qui lui sont propres d’après les dispositions de l'ordre chrétien.
Nous avons déjà dit que l'Etat, sinon par mission directe, du moins par dévolution !, peut réglementer le mariage des infidèles, au’il peut faire des lois sur les conditions de ce contrat aussi bien que sur ses conséquences et ses responsabilités. C’est un point de vue spécial, hors du terrain commun où nous nous plaçons, et sur lequel nous reviendrons plus loin.
Ce qui nous touche de plus près et nous intéresse davantage, c'est la question de l'autorité et de l'intervention de l'Etat dans les matières matrimoniales telles qu’elles se présentent parmi les chrétiens.
« Le mariage, comme l’observait avec son iucide bon sens saint Thomas d'Aquin ?, offre différents aspects, et selon les relations qu’il a, soit avec les hienc de la nature, soit avec les intérêts religieux, soit avec les intérêts sociaux, il relève : ut à la fois du droit naturel, du droit ecclésiastique, et de la loi civile. » On ne saurait
1. Cf. Giobbio, ouv. et vol. cit, p. 121; Gasparri, Tract. canon. de matrim., vol. I, n. 282.