Cf. Giobbio, ouv. et vol. cit, pp
profane et utilitaire de cette question, et bornons-nous à examiner le côté religieux et moral qu’elle présente. Il y va en effet des intérêts les plus graves de la religion et de la conscience. Et on ne saurait ne pas s’en rendre compte, lorsque l’on voit les néo-malthusiens pousser l’audace jusqu’à préconiser la stérilité systématique également ennemie de ce que la famille exige et de ce que la morale impose.
Le système de Malthus offrit-il des avantages économiques réels que cette base toute matérielle où on prétend l’appuyer, céderait sous le poids de raisons bien autrement graves, et d’objections bien autrement dignes de l'attention du publiciste chrétien.
Cette théorie en effet attente à la liberté de l’homme; elle viole ouvertement les droits de l'Eglise; elle méconnaît et elle bouleverse les lois de !’srganisation sociale.
«Réglementer directement le mariage des pauvres, le retarder ou l’interdire, comme cela se pratique dans certains petits Etats d'Allemagne, voilà, écrit l'abbé Antoine’, une atteinte formelle à la loi naturelle. Le droit au mariage est un droit inaliénable, contre lequel ne prévaut pas le danger de la misère pour un certain nombre. Le mariage, de plus, est souvent une obligation pour ceux qui n’ont ni la vocation religieuse ou sacerdotale, ni la force de garder la chasteté dans le célibat. Cette obligation de conscience, l'Etat doit la respecter; tout empiétement sur ce domaine réservé est un crime contre l'individu et contre la société. »
C'est l'Eglise qui gouverne le royaume des consciences, et c’est donc l'Eglise, non l'Etat, qui, en face d'intérêts supérieurs et d’impérieux besoins, peut et doit décider de l'opportunité et de la légitimité de certaines unions matrimoniales. On ne met pas en péril le salut d’âmes immortelles pour avantager des corps voués à la tombe; on ne compromet pas l'avenir religieux et éternel de l’homme pour lui épargner ici-bas quelques souffrances, quelques