LES JOURS FÉRIÉS
C'est une ancienne et populaire tradition que l’homme, en des temps marqués, interrompe son travail et reporte avec respect vers l’Auteur de tout bien le regard attentif de son esprit et le mouvement ému de son cœur.
Les païens eux-mêmes ont eu leurs jours fériés’. On s’arrachait, pendant ces heures de choix, aux occupations vulgaires pour honorer et célébrer les dieux. Chez les Juifs, le sabbat, établi en tribut d'hommage à la mémoire du Créateur et en reconnaissance de son œuvre ?, dominait pour ainsi dire toute la vie nationale, C'était une chose auguste, consacrée par le droit mosaïque, et entourée des prescriptions et des prohibitions légales les plus sévères. Le corps y faisait trêve aux labeurs journaliers ; l'âme s’y renouvelait dans l'étude de la loi et dans le culte pieux et recueilli du Seigneur.
Le dimanche, qui est le jour où zessuscita Jésus-Christ, prit parmi les chrétiens la place du sabbat. Et c’est pourquoi « les chrétiens convertis du judaïsme auraient cru, dit l’abbé Villien 5, commettre une irrévérence envers le Christ s’ils ne lui avaient consa-
1. Villien, Histoire des Commandements de l'Eglise, p. 60 (Lecoffre, Paris, 1909) ; Catéch. du Conc. de Trente, P. III, 3e préc. Déc. n. XI.