‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 2)Chapitre 96 sur 260 · Quest, act. t. cit., p · texte numérisé non relu

Quest, act. t. cit., p

table à la liberté religieuse? Ainsi pensent et s'expriment nos modernes libertaires, plus soucieux d'assurer aux incroyants la liberté du mal que de permettre aux croyants la libre et entière pratique de leur foi et de leur culte.

L’objection peut paraître sérieuse; nous ne voulons ni la dissimuler ni nous y dérober, et notre réponse sera franche et nette.

Quelle que soit, en l'hypothèse, la situation légale de l'Eglise, devant nous se dressent et se posent trois grandes vérités sociales, à savoir : que les peuples civilisés sont, dans l’ensemble, des peuples chrétiens ; que les gouvernements qui les régissent sont tenus d’honorer Dieu et de favoriser le culte dû à son Fils? ; que l’un des principaux moyens de remplir ce devoir public consiste à légaliser la fixation et la sanctification des jours fériés établis par l'autorité religieuse et consacrés par l’usage général ?.

Le respect même de la conscience chrétienne, dont il faut pardessus tout se préoccuper, l'exige: « Profaner par le travail les jours de fête, c’est, écrit Liberatore”, un blasphème pratique contre Dieu et l'Eglise, c'est une insulte manifeste à la religion. C’est dire tacitement que Dieu n’est pas, ou que, s’il est, il ne mérite aucun culte, ou que, s’il mérite un culte, on le lui dénie, et cela

1. Cavagnis, Inst. jur. pub. eccl., vol. III (éd. 3), n. 265.

2. Dans un débat sur une proposition de loi concernant l’observance du dimanche, M. Henri Bourassa disait au Parlement canadien en 1906: “ J'ai suivi avec intérêt les remarques de l'honorable ministre de la Justice, M. Aylesworth, et je partage absolument son avis quand il dit que le parlement d’un pays chrétien doit consacrer le principe que le jour que tous les chrétiens reconnaissent comme étant consacré à Dieu, soit aussi déclaré tel par nos lois”. Et l'honorable Premier Ministre, M. Laurier: “Le jour où la Révolution française décréta l’abrogation de la loi relative à l’observance du dimanche fut un des jours les plus sombres de la nation française.” Et M.R. L. Borden, chef de l'Opposition: “ Je crois à l’observance du jour du Seigneur... je crois dans l'utilité d’un jour de repos pour les habitants de toutes les parties du Canada.” (Compte rendu officiel des Débats de la Chambre des Communes du Canada, vol. LXXVI, col. 5764 et 5777; vol. LXXVII, col, 7558).

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