Ouv. cit., p
ouvertement, en face de tous, avec une impudente publicité. Or le peuple fidèle peut-il Supporter un tel scandale?.., n’aura-t-il pas le droit de prétendre que l'Etat, par les moyens dont il dispose, empêche cet excès sacrilège ? »
Là, d’ailleurs, où, par un concept faussé et erroné des droits de la conscience, l'Etat s’abstient d’édicter des lois sur le repos dominical, c’est l'opinion religieuse que l’on heurte, et c’est le droit, la conscience, la liberté du vrai et du bien, que l’on opprime.
Des fonctionnaires sont contraints, pour ne pas perdre leur situation, de sacrifier aux exigences d’une autorité sans Dieu et d'une administration sans morale l’accomplissement de leurs devoirs religieux. Des ouvriers et des employés de tout sexe et de tout âge, qu’un intérêt pressant et vital tient à la merci de patrons sceptiques ou cupides, se voient rivés, le dimanche, aux vulgaires travaux de la semaine. Pendant qu’une sonnerie pieuse les appelle à l'église, c’est à l’appel brutal de la locomotive ou à l'implacable sifflet de l’usine qu’il leur faut obéir. Est-ce là, de la part de l'Etat, sauvegarder le droit et protéger la liberté?
Nous réclamons pour tout pays chrétien une loi et une police du dimanche.
Les infidèles et les Juifs ne sauraient raisonnablement s’en plaindre’. On ne leur impose pas les pratiques d’une croyance étrangère à leurs convictions. On leur demande d’épargner aux ouvriers c+rétiens la honte d’un travail qui blesse et qui outrage leurs sentiments religieux. On leur demande d'observer, par une attitude toute négative, la loi d’une trêve ou d’un intervalle de repos dont tous les esprits sensés reconnaissent la nécessité, et que l’usage le plus ancien, les considérations les plus graves, les autorités les plus vénérables, le suffrage et le sens commun des citoyens et des peuples ?, ont fixé au jour sacré du dimanche.
Cette intervention civile est nécessaire. Le précepte ecclésias
1. Compte rendu cité, vol, LXX VI, col. 5773-7. 2. Voir un disco irs de Jules Simon, Quest. act. t. X, pp. 53 ct suiv.
tique du repos dominical suffit sans doute, par lui-même, pour gouverner les vies dociles et les consciences honnêtes. Il ne peut pratiquement, sans l'appui de l'Etat, écarter toutes les objections que soulève le préjugé, ni prévenir toutes ‘les divergences qu’engendre l’âpreté au gain, ni assurer dans le chômage l’uniformité de conduite indispensable à la paix commune et au bon ordre social *. L’ordonnance séculière apporte et ajoute au commandement religieux une valeur qui le confirme et une contrainte qui le sanctionne.
En fait, presque tous les Etats de l'Europe et de l'Amérique, malgré les cultes très divers qui y règnent et qui s’y déploient, ont abordé cette question, et ont admis et décrété, de façon différente sans doute, le repos officiel du dimanche *, Parlant des Etats-Unis, Claudio Jannet a écrit *: « La législation de tous les Etats ‘ punit la violation ostensible du repos du dimanche et le blasphème. L'on a rarement besoin d'appliquer les pénalités légales, tant l'opinion publique est énergique sur ce point. Les élections n’ont jamais lieu le dimanche, et pour faciliter aux électeurs l’exercice de leur droit, sans toucher à ce point fondamental, des lois toutes récentes ont déclaré les jours d'élection fériés légalement. Le jour du Seigneur, toutes les boutiques, tous les restaurants et débits de boissons sont fermés, et les amusements publics sont suspendus comme les affaires. Le peuple américain, si âpre à la poursuite de la richesse et souvent si peu scrupuleux sur les moyens d'y arriver, donne ce jour-là un grand exemple de foi et de respect pour les droits de Dieu. »
Ce droits de Dieu sont imprescriptibles ; et tout Etat chrétien,