‹ Droit public de l'église [microforme] (volume 3)Chapitre 12 sur 63 · APPLIED IMAGE · texte numérisé non relu

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évoque, tout naturellement, une question dont les hérétiques ont abusé dans leur appréciation des droits et du rôle historique de l'autorité religieuse. Par qui les conciles doivent-ils être présidés ?

Nous ne saurions mieux répondre qu’en distinguant, avec un théologien très averti !, trois sortes de présidence. Il ya, en effet, {une présidence effective et d'autorité qui consiste À gouverner les débats en leur imprimant, en leur imposant :nême une direction et une forme déterminées. Il y a une présidence de protection qui, sans ingérence dans les matières à discuter, se borne à assurer la possibilité et le fruit des délibérations communes, en maintenant la tranquillité au dehors et l’ordre au dedans ; c’est le droit de police extérieure et intérieure. La présidence d'honneur vaut simplement à celui qui l’exerce des égards et des attentions de pure forme, par exemple, le privilège d'occuper la première place.

«Ces notions posées, ajoute l’auteur que nous citons, il est clair que la présidence d'autorité, dans les conciles œcuméniques, appartient exclusivement au Pape; car, d’une part, l'Eglise seule a qualité pour réglementer des débats d'ordre spirituel, et, d'autre part, dans l'Eglise, le Pape seul peut commander à tous les évêques, soit dispersés, soit réunis. Il serait, d’ailleurs, incompréhensible qu'ayant seul autorité pour les convoquer formellement, pour les investir de la dignité de concile œcuménique, il ne conservât pas le droit exclusif de diriger impérativement leurs délibérations. Cette présidence, les Papes peuvent l'exercer par euxmêmes ou par leurs envoyés.—lIci, l’histoire, même celle des conciles œcuméniques de l'Orient, vient appuyer clairement les principes. Dans la Célébration de ces conciles, les empereurs ont, personnellement ou par leurs représentants, joué un rôle qu'il est permis d'appeler présidence d'honneur et de protection, mais qui ne s’est jamais confondu avec la présidence d'autorité. La distinction a été respectée et nettement formulée, tant par les empereurs eux-mêmes que par les conciles et les papes »,

Nous ne disons pas que l'Eglise n'eut à déplorer, de la part des princes, aucun abus de pouvoir ; nous prétendons que ces abus,

! Forget, Dict. de théol. cath.,t. 111, col, 653.

tion des affaires religieu Autre chose est, tative, dans l’encei

se:

Les Conciles a tion intégrale d

d'informateurs, jadis assister à

lorsqu'ils n'étaient

Aider l'Eglise et lui faci sume le rôle de la conciles.

que d ences,

taire des mœurs, Au Concile du

! Hefele, ouv. cit.

* Ibid. p. 40.

* Sylvain, Hist, de saint C, sessions du Concile de Trent

» PP. 36 et

puissance laïque dans s

; n'a pas

d'en rehausser l’auto-

vœux des Etats et de

iter ses travaux, voilà donc à quoi se

es relations avec les

Lors du que de Manœuvres rotestante, mises en

intrigues ourdi

sous la poussée Pi

i ccès d’une assemblée foi, la reforme salua discipline *}

es,

Suiv,

harles Borromée, t. 1, ch. 7: Les dernières

Vinfaillibilité; pontificale, le régalisme et le libéralisme faisaient campagne au dehors pour intimider les Pères et pour leur imposer une: attitude de réserve obséquieuse vis-à-vis des prétentions césariennes et des libertés modernes !. Par un aveuglement coupable, on attaquait, au lieu de les défendre, ces grandes assises catholiques destinées à consolider le principe d'autorité sur le trône de Saint-Pierre d’abord, puis, par corrélation, dans tous les Etats et sur tous les trônes. Si les puissances catholiques eussent noblement fait leur devoir, ni Rome ne serait tombée aux mains des envahisseurs, ni le Concile en session n'eût interrompu ses travaux, ni la société chrétienne n'aurait, de ce fait, été privée des enseignements par lesquels devait se clore cette mémorable assemblée ?.

En conséquence de la défection quasi universelle des pouvoirs

publics, on n’eut point, lors du dernier concile œcuménique, le consolant spectacle donné à Trente ?, et dans les conciles antérieurs, de nombreux ambassadeurs ou de respectueux souverains apposant leur signature au bas des décrets agréés et proclamés. Sans emprunter à ces noms laïques aucune valeur intrinsèque, les décisions ainsi paraphées recevaient de la sanction royale ou impériale d'importantes garanties exécutoires. C'était l'Etat s’engageant à soutenir et à favoriser l'Eglise dans la mise en pratique des lois faites pour le progrès religieux et l'avancement moral des peuples.

OlAu lendemain du Concile de Trente, le secrétaire d'Etat de Pie IV, le cardinal Borromée, s'empressait de rappeler aux princes catholiques ce grave devoir de leur charge. « Il sera, leur écrivait-il, très agréable à Sa Sainteté de vous voir ordonner la publication solennelle des décrets du concile et prêter votre bras, votre aide et votre faveur aux prélats de votre Etat pour leur exécution.» +

1 Cf. L. Veuillot, Rome pendant le Concile ; Em. Ollivier, L'Eglise et l'Etat au Concile du Vatican.

* Ilest juste d'observer que l'œuvre doctrinale si imposante de Léon XIII et les directions et les précisions non moins remarquables de Pie X offrent aux catholiques une haute et digne compensation.

* Sylvain, Hist. de saint Charles Borr., t. 1. pp. 226-227.

* Ibid., p. 228.

re

Il s'en faut, nous le savons, jours et universellement exau voir civil fut pour l'Eglise un de défense et de restauration s, généraux ou nationaux.

A l’époque des anciens synodes, combien de lois promulguées contr

que ce vœu apostolique ait été toucé. Maintes fois, cependant, le pouauxiliaire bienfaisant dans l’œuvre pirituelle décrétée par les conciles

combien de mesures prises, et e l’hérésie rebelle par les empe- » Marcien, Basile le Macédonien, ns et des définitions conciliaires s reculés, nous aimons à rappeler du roi d'Espagne Philippe II ; scitée par certains fonctionnaires Milan dans l'exécution des décrets Fra rente, nomma un nouveau 8Ouverneur avec ces » : mots : « Nous ne t'envoyons pas comme Souverneur de la province de Milan, mais bien plutôt comme ministre de Charles Borromée, C'est lui qui est le défenseur de notre domaine. En faisant renaître le sentiment religieux dans le cœur de nos peu- : ples, nous n’avons plus besoin de soldats pour les maintenir dans | la fidélité » 2,

Ce langage fait l’

éloge du souverain qui l’a tenu et de la religion qui l’a inspiré.

U marque en même temps dans quelles limi-

sacrées de l'Eglise.

1 Cf. Paul Allard, Le Christianisme et l'Empire romain de Néron à Théodose, 7° éd., PP. 263 et suiv. (Lecoffre, Paris).

* Sylvain, Hist. de saint Charles Borromée, t. II, PP. 301-302,

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