LES INSTITUTS RELIGIEUX ET LE DROIT
Parmi les associations d'ordre spirituel, il en est dont les membres se proposent l'idéal le plus élevé, et, Pour atteindre jusqu’à ces hauteurs, s'astreignent à divers exercices communs et à l'observation de certains vœux, tantôt simples, tantôt solennels ; vœux et exercices d'où résulte un genre de vie qu'on appelle Proprement l’état religieux. 1
D'autres associations, sans exiger des engagements aussi formels, assurent néanmoins à ceux qui en font partie, par l'étroite discipline à laquelle elles les soumettent et par les règles sages et sanctifiantes qu'elles leur imposent, les avantages spirituels les plus précieux.
Ces divers instituts, nés du besoin des temps et du mystérieux it qui les plus hautes et les cœurs les plus te, sont l'honneur et l'orgueil de
sil
rques ombrageux, des , Souffrent malaisément se dressent inflexis’abritent la pureté des us, l'indépendance des
Depuis l’époque où les cours européennes déployèrent contre les Jésuites une hostilité si farouche, depuis, surtout, le jour
* Saint Thomas, Som. théol, Il-II® Q, CLXXXVI, art, 68.7,
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néfaste où la Révolution frappa de mort, ! avec les corporations laïques, tous les établissements congréganistes, que de gouvernements ont voulu se signaler et se sont, en effet, tristement illustrés en proscrivant et en pourchassant les communautés religieuses ! ? Dans certains pays, on a vu législateurs et gouvernants s'attaquer indistinctement à tous les instituts ; ailleurs, c'est contre les ordres contemplatifs que l'assaut a été principalement livré. L'ardeur et l'influence sectaires croissent ou décroissent selon les temps, les hommes et les milieux. En Angleterre, en Allemagne, en Autriche, il semble que les pouvoirs publics se montrent, de nos jours, plus tolérants. En France, au contraire, au Portugal, en Espagne, et dans plusieurs républiques de l'Amérique latine, le baromètre politique accuse, contre les religieux, une recrudescence d’animosité et de haine.
Cette malveillance ouverte et active témoigne, chez les chefs d'Etat qui la nourrissent et qui s'en inspirent, une oblitération profonde, nous ne disons pas seulement des traditions de la foi, mais du sens même de la justice naturelle et des intérêts sociaux les plus graves.
En molestant et en supprimant les ordres religieux, on viole,
d’une part, les droits imprescriptibles de l'Eglise et de la conscience chrétienne. On oublie, d'autre part, on méconnaît et on méprise les services inappréciables rendus à la société par des hommes qui ne lui demandent un coin de terre que pour y cultiver, de toute la force de leurs âmes valeureuses, la piété, la charité et le dévouement.
Ces vertus, hâtons-nous de l’observer, ne sont pas, n’ont jamais été l'apanage exclusif du clergé régulier. Elles peuvent germer en d’autres sillons; elles peuvent fleurir et s'épanouir sur d’autres parterres. Nous nous garderons d'affirmer que les instituts religieux entrent dans l'essence même de l'Eglise et qu’ils forment l'élément nécessaire et indispensable de tout progrès spirituel et de toute vie morale. Ce que nous prétendons et ce qu’il faut procla-
1 Loi du 18 août 1792 ;—cf. les articles organiques annexés au Concordat de 1801, art. 11.
* Voir Giobbio, Lesions di diplom. eccl., vol. Il, pp. 390-441.
mer bien haut, surtout à notre époque, c'est que ces instituts, sans
i , Proviennent d'elle comme le
une partie intégrante, Ils la
la perfectionnent; ils lui servent
rganes dans les multiples fonctions d'enseigne-
ment et d’apostolat, de moralisation et de sanctification, d'assis-
âmes et au
sein des peuples. écrivait Léon XIII au cardinal Richard, : ï
comme une production spontanéc du sol catholique, et les évêques les ont considérés à bon droit comme des auxiliaires précieux du saint ministère et de la charité chrétienne. »
recouvre, e visible.
rs l'Eglise.
et des conseils divins.
reuse, que naguère, dan, ne
* Lettre du 23 déc. 1900.
sauvei les religieux menacés, les archevêques et évêques français voulurent mettre en pleine lumière. « Sans doute, disaient ces prélats, ! les Congrégations religieuses n’appartiennet pas à la hiérarchie ecclésiastique; mais, nées des conseils évangéliques, organisées par l'Eglise elle-même pour les pratiquer, elles sont l’une des formes légitimes de sa vie et de son épanouissement normal. De fait, partout où cette vie n’est pas comprimée, elles apparaissent. En sorte que la liberté promise à la religion catholique par le Concordat implique pour elles le droit d'exister. ? » De son côté Léon XIII, en présence des lois d'exception promulguées contre les familles religieuses, exhalait ainsi sa douleur :* « La sainte Eglise gémit, parce qu’elle se sent tout à la fois blessée au vif dans ses droits et sérieusement entravée dans son action, qui, pour se déployer librement, a besoin du concours des deux clergés, séculier et régulier : en vérité, qui touche à ses prêtres ou à ses religieux, la touche à la prunelle de l'œil.» Puis le vaillant Pontife ajoutait: « Nous réprouvons hautement de telles lois, parce qu’elles sont contraires au droit naturel et évangélique, confirmé par une tradition constante, de s’associer pour mener un genre de vie non seulement honnête en lui-même, mais particulièrement saint, » Ces paroles, dans leur expressive brièveté, énoncent un second motif, non moins puissant que le premier, de revêtir de l'existence civile les établissements congréganistes : c'est que dans la vie religieuse se manifeste sous son aspect le plus vrai, et s'exerce par les moyens les plus honorables, cette liberté de conscience tant prônée de nos jours et si mal interprétée par les orateurs et les écrivains de l’école jacobine. Indépendamment de toute convention, « il y a des droits qui doivent être respectés en tout pays de liberté. Parmi ces droits, ” faut sans aucun doute ranger celui qu’a tout citoyen de choisir
gr
! Pétition à MM. les sénateurs et députés eu faveur de la demande d’autorisation faite pour les Congrégations, 15 oct. 1902. (Quest. act. ,t. LXVI, p.83.)
* Le Livre blanc du Saint-Siège sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat en France (ch. II) développe le même argument.
* Lettre aux supérieurs généraux des ordres et instituts religieux, 29 juin 1901. (Quest. act., t. LIX, p. 258) :
le genre de vie qui lui convient, pourvu qu'il n'ait rien de contraire à La loi divine, naturelle ou positive. Et de fait, dans les pays vraiment libres quoique non catholiques, ce droit est tellement sacré qu'il ne vient à l'esprit de personne de le contrarier. » T omme de bonne foi : pourquoi sevue d'intérêts profanes, et ne le de se grouper et de s’entr’aider a perfection évangélique? L'élé-
tions extérieures, qui ne soit légitime et ne doive trouver accueil près des pouvoirs publics : s'asso- . cier, vivre avec qui l’on a choisi, habiter où l’on veut, prier, instruire des enfants, soigner des malades, élever des orphelins, visiter et secourir les Pauvres, c’est le droit de tout citoyen chez un peuple libre ; et l’on ne peut s’y opposer, sans attenter non seulement à la liberté d'association, mais au droit de propriété, à l'inviolabilité du domicile, et à la liberté individuelle ellemême, » ?
N'y aurait-il donc, pour militer en faveur des congrégations religieuses, que leur parfaite innvcuité et leur droit manifeste à la liberté Commune, partout les pouvoirs te faire la place la pl autonome et incontestée.
utres titres recommandent ces institutions à
ue. Et lorsqu'on se rend compte de l'i nt joué, de l’action si utile et si consit d'exercer dans les contrées qui les déplorer assez vivement ni dénoncer
! Livre blanc du Saint-Siège sur la sép. de l'Egl. et de l'Etat en France, ch. II.
* Pétition, citée plus haut, des évêques français.
ässez énergiquement l’odieuse suspicion dont elles sont, ailleurs, l'objet, et le cruel ostracisme qui s'appesantit sur elles et sur leurs œuvres.
Nul n’a tracé, de l'influence bienfaisante des Ordres religieux dans le passé, un tableau plus précis, une synthèse plus éloquente que l’immortel Léon XIII. « Ils ont eu, écrit ce grand Pontife, : le mérite de prêcher la vertu aux foules par l’apostolat et l'exemple autant que par celui de la parole, de former et d'embellir les esprits par l'enseignement des sciences sacrées et profanes et d'accroître même par des œuvres brillantes et durables le patrimoine des beaux-arts. Pendant que leurs docteurs illustraient les universités par la profondeur et l'étendue de leur savoir, pendant que leurs maisons devenaient le refuge des connaissances divines et humaines et, dans le naufrage de la civilisation, sauvaient d’une ruine certaine les chefs-d’œuvre de l'antique sagesse, souvent d’autres religieux s’enfonçaient dans les régions inhospitalières et, là, desséchant, défrichant, bravant toutes les fatigues et tous les périls, cultivant, à la sueur de leur front, les âmes en même temps que laterre, ils fondaient autour de leurs monastères et à l'ombre de la croix des centres de population qui devinrent des bourgades ou des villes florissantes, gouvernées avec douceur, où l'agriculture et l’industrie commencèrent à prendre leur essor. Quand le petit nombre des prêtres ou le besoin des temps l'exigèrent, on vit sortir des cloîtres des légions d’apôtres, éminents par la sainteté et La doctrine, qui, apportant vaillamment leur concours aux évêques, exercèrent sur la société l’action la plus heureuse, en apaisant les discordes, en étouffant les haines, en ramenant les peuples au sentiment du devoir et en remettant en honneur les principes de la religion et de la civilisation chrétienne. »
Toute proportion gardée, n'est-ce pas là, aujourd’hui encore, l’histoire de tant de congrégations d'hommes et de femmes dont la nomenclature va s’allongeant chaque jour, et dont les appellations, variées comme les infinis besoins du corps et de l'âme, redisent toute la gloire ?
! Lettre au cardinal Richard, 23 déc. 1900 ;—cf. Martin, Les moines, t. 1, ch. ITI-XI.
Il n'est, en réalité, aucune sphère intellectuelle que les religieux de notre Âge n'aient illustrée, aucun domaine moral que leur énergie n'ait fécondé, aucun genre d'infirmités et de misères que leur charité n'ait secouru.
On sait l’œuvre qu'ils accomplissent dans l'enseignement à tous les degrés, depuis l’humble alphabet épelé aux tout petits jusqu'aux doctrines universitaires les plus abstruses, Les lettres et les sciences comptent dans leurs rangs des (célébrités dont elles s’honorent. Lacordaire, Monsabré, Dom Guéranger, Grisar, Longhaye, Taparelli, Secchi, Armand David (nous citons ay hasard), voilà des noms Synonymes de haute et forte éloquence, d'érudition abondante, d'humanisme éclairé, de science vaste, pénétrante et féconde. « Savez-vous, demandait un jour Mgr Freppel ? à ses collègues de la Chambre, savez-vous à qui votre muséum d'histoire naturelle doit plusieurs de ses collections les plus précieuses? aux missionnaires lazaristes, » Et l'orateur appuyait cette assertion, si élogieuse pour les religieux missionnaires, sur l’unanime témoignage des naturalistes de France et même d'Allemagne.
La foi n’est pas une borne, ni la religion un mur sombre qui emprisonne l'esprit, lui dérobant tous les horizons et lui masquant toutes les avenues. Les yeux que, chaque matin, la règle monastique fixe sur la Vérité suprême, puisent dans cette méditation calme et assidue des notions supérieures et des clartés révélatrices non seulement de la grandeur et de la puissance de Dieu, mais de l'excellence et de l'utilité deses œuvres. Dansle rayonnement de cette lumière, l'intelligence s'éprend de la passion la plus vive pour tout ce qui est vrai, en même temps que le cœur s’enflamme du zèle le plus ardent Pour tout ce qui est bien.
Plusieurs se demandent à quoi servent les ordres contemplatifs et de quel secours peuvent bien être, dans la mêlée sociale, ces maisons austères, fermées comme des geôles à tous les mouvements de la pensée humaine et à toutes les manifestations de lu vie extérieure. Question simplette ou frivole. Malgré l'obscurité voulue où se cachent les cloîtres, et malgré le silence volon-
! Œuvres polémiques, V° série, P. 151 (Palmé, Paris),
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taire dont ils s'enveloppent, la pensée n'y est, certes, pas éteinte ; et sa flamme, quoique invisible aux regards curieux de la foule, n’en ruonte pas moins, sereine, rayonnante, ininterrompue, vers le centre d'attraction de tout esprit créé. L'âme religieuse s’entretient incessamment avec Dieu. Et dans ce colloque secret, dans cette communication intime, pleine d'abandon et de confiance, gît une puissance insoupçonnée. La prière des moines ressemble à ces puissants mécanismes, relégués dans un coin obscur, et qui distribuent la vie et la richesse à des cités entières. Par elle se maintiennent et s’affermissent, dans la société, l’ordre et la concorde, et sans elle, on peut le craindre, le monde insouciant ou pervers s’abîmerait bientôt sous le poids écrasant de ses infidé. lités et de ses crimes.
C’est la plus haute force morale; et cette force médiatrice opère avec une efficacité d'autant plus grande que les lèvres suppliantes sont plus saintes, et que l’appel fait au ciel monte de cœurs plus entièrement purifiés par le repentir et par les œuvres pénales.
Les profanes savent vaguement que, derrière les grilles d'un couvent, des âmes innocentes se renoncent, des corps frêles, sensibles, délicats, s’immolent par les privations du jeûne et par les austérités d’une discipline rigoureuse. Savent-ils également pour qui s'offrent ces milliers de vies mortifiées et à quelle loi de sublime et surnaturelle compensation elles obéissent et s’assujettissent? Grâce au Dieu rédempteur, la solidarité chrétienne n’est ni une formule sans signification, ni une chimère sans objet. ! Elle est une doctrine et une pratique. Lt c’est surtout dans les
«monastères, par les mérites obscurs de tant d’âmes prodigues d’el-
les-mêmes, par le prix de leurs labeurs et de leurs souffrances, de leurs expiations et de leurs sacrifices, payé comme une rançon à la justice souveraine, que cette réciprocité mystique réalise ses effets les plus merveilleux, qu’elle apaise la juste colère du Très- Haut, qu'elle détourne le cours menaçant de ses vengeance:,
! Voir Vacant-Mangenot, Dict. dethéol. cath., t. III, au mot Communion des Saints.
qu’elle suspend son bras prêt à frapper et à exterminer les générations prévaricatrices. 1
Et pendant que, sur la montagne, d'humbles groupes de religieux, étrangers aux agitations humaines, accomplissent dans l'ombre cette œuvre nécessaire de réparation et d'expiation, d'au-
‘tres instituts, moins éloignés du monde extérieur, versent Périodiquement dans la plaine leurs actives phalanges et se portent sans hésiter au secours de toutes les misères.
* Cf. saint Thomas, Som. théol., Su TXV ; Montalembert, Les moines d'Occident, À abbé Martin, coupable idari il la justice divine, et la peine qu’elle mérite doit être d'autant lle est elle-même plus criminelle. La substitution de l'innocent au Coupable, qui s'accomplit par l'expiation surérogatoire de l'innocent, est, d’après les principes chrétiens, qui sont ceux du genre humain, admissible devant Dieu dans une certaine mesure et sous certaines conditions. Cette substitution a Pour but, non seulement de conjurer le châtiment dû à la société criminelle, mais encore, par la solidarité dans le bien faisant équilibre à la solidarité dans le mal, de ramener en elle l'esprit divin qu'elle a perdu. Le Christianisme a organisé ce ministère de la substitution, qui n’est autre que celui de l'expiation sociale, et les moinesen sont les instruments les plus parfaits » (Les moines et leur in fluence sociale, t. IL, pp, 117-118, nouv. éd.).
les congrégations religieuses, soient méconnus jusqu'à l'injustice la plus flagrante et retribués par l'ingratitude la plus monstrueuse ?
Rien est beau ni attendrissant comme le spectacle des efforts et des œuvres par lesquels le catholicisme organise autour de l'humanité souffrante ou besogneuse les multiples ressources de l'assistance dévouée et empressée, de la charité attentive et prévoyante. Cette charité veille sur l’homme au seuil même de la vie ; elle l’escorte à travers toutes les nécessités de l'enfance et tous les périls de la jeunesse ; elle l'accompagne, dans l’âge adulte, sur tous les chemins, le secourant lorsqu'il est pauvre, le soutenant lorsqu'il est faible, lui préparant dans l'abandon un asile, dans la déchéance un réconfort. Jamais rien ne la rebute, ni la lèpre du corps, ni la tare du vice, ni les incivilités d'une forme rude, ni les incommodités d’une vieillesse décrépite, Elle répand sur les plaies les plus hideuses son baume le plus doux et sa compassion la plus tendre ; elle s'ingénie à varier les secours selon la diversité des besoins ; elle s’assied à tous les chevets; elle caresse d’une main délicate toutes les douleurs, et la mort ellemême, sous sa parole persuasive et consolante, se transforme en une messagère de paix, de joie, et d’impérissable félicité.
Ce ministère bienfaisant n’est, sans doute, le monopole d’aucune classe sociale. L'amour du prochain peut naître sous tous les habits, il peut embraser d'ardeurs miséricordieuses toutes les poitrines. Nous n’avons, cependant, qu’à feuilleter quelques pages d’histoire et à promener un instant nos regards sur le tableau des œuvres humanitaires : pour nous convaincre de l'influence prépondérante exercée par les instituts religieux dans le domaine de la charité. Les religieux, au témoignage de l'épiscopat français, ? forment « l'élite entre ceux qui se dévouent, parce qu'ils sont les volontaires, les disciplinés, affranchis, par ces vœux qu'on leur reproche parfois comme un esclavage, de tout ce qui partage et peut entraver le don de soi aux déshérités et aux abandonnés ».
! Voir E. Keller, Les congrégations religieuses en France, leurs œuvres et leurs services ( Poussielgue, 1880).
* Pétition déjà citée.
Ce sont là des Paroles d'une livrent le secret i
puisables de bonté passion de dévouement qu'aucun effort, aucune fatigue, aucune entreprise charitable, ne peuvent assouvir.
Lorsque donc elles se groupent pour mieux faire le bien, elles usent de la liberté la plus légitime, elles entrent dans le rôle le plus salutaire ; et l'Etat, en leur garantissant le bénéfice et la protection des lois, ne fait que remplir la plus honorable et la plus obligatoire de ses fonctions.