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1— Voir Dom Benoît, Les Erreurs modernes, t, 11, pp. 349.53.
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législatures européennes ? Aux premiers jours de notre existence nationale, le chef vénéré de l’Eglise canadienne, Monseigneur de Laval, n'avait-il pas sa place marquée au Conseil! Souverain et n'y a-t-il pas, de concert avec les autres membres de ce corps politique, maintes fois délibéré sur les affaires les plus graves de l'Etat? L'un de ses plus illustres succeseeurs, Monseigneur Plessis, n'a-t-il pas, lui aussi, siégé au Conseil Législatif et influé, de toute l'autorité de sa parole, sur les destinées de sa patrie ?
Ce sont là des considérations qu'il ne faut pas perdre de vue, lorsqu'il s'agit de prononcer sur l'attitude du clergé et de la hiérarchie catholique dans les questions d'ordre politique et d’intérêt temporel. Et si l'on en tenait plus souvent com;:+, peutêtre se livrerait-on à moins d'inutiles doléances et porterait-on moins de jugements inconsidérés sur l'ingérence des ecclésiastiques dans le maniement des affaires publiques.
Revenons aux Papes.
Du jour où, par un visible dessein de la divine Providence, ils entrèrent en possession de ce domaine temporel dont la Révolution les a si injustement dépouillés, on les vit joindre à l'autorité spirituelle une autorité nouvelle et faire en même temps acte de pontifes et de rois, Administrateurs des biens du Saint-Siège, gardiens de ses droits, défenseurs de ses Etats, ils durent, par cela même, mettre la main aux affaires de ce monde, négocier des traités, contracter des alliances, lever et entretenir des armées, entreprendre des guerres jugées nécessaires À la conservation du patrimoine sneré de l'Eglise,
Jamais cependant. remarque fort à propos le comte de Maistre 1, “ils n'ont cherché ni saisi l'occasion d'augmenter leurs Etats aux dépens de la justice, tandis qu'aucune autre souveraineté temporelle n'échappa à cet anathème, et que dans ce moment même, avec toute notre philosophie, notre civilisation et nos beaux livres, il n’y « peut-être pas une puissance européenne en état de
1— Du Pape, 1. U, ch. VI.
D'un côté, la bienveillance et l'esprit de foi des princes, gagnés au christianisme, avaient fait aux évêques une place des plus honorables dans les conseils de Ja nation. Ecoutons un historien 2 parler de cette influence naissante de l'Eglise: “ C'est, ditil, dans les affaires judiciaires qu'elle se manifeste d'abord. Au Plaid du roi, les évêques nous apparaissent constamment conte
de trouver un protecteur. “On voit, dit Paul Allard, 4 des évêques intercéder pour des citoyens rebelles, pour une ville qu'il
1— Zbid., ch. VII, a. 3,
2— Kraus, Hist, de l'Eglise, t. 1], IVe pér., ch. 2. 8— Ibid.
4— Julien l'Apostat, t. I, L IL, ch, I, 1.
est question de rayer de l'album des cités; prêcher la modération à des collecteurs ou à des répartiteurs de l'impôt; demander des remises d'amendes ; recommander à de hauts fonctionnaires des chrétiens et parfois même d'anciens préfets tombés dans la misère, engagés dans des procès ou menacés d'injustes poursuites ; protester contre le morcellement d'une province, qui rendra plus pesant aux pauvres les fardeau de l'impôt. ”
D'un autre côté, les besoins et la confiance des peuples leur faisaient chercher auprès de leurs pasteurs, riches de quelque donation princière ou de quelque patrimoine familial, secours et protection. “ Chef des clercs qui formaient à eux seuls un petit peuple, propriétaire de milliers de colons, soutien des pauvres, patron reconnu des affranchis, appui des faibles, chaque évêque groupait autour de lui des populations. Il devenait, qu'il le voulût ou non, le chef d'innombrables sujets. Sa puissance spirituelle, qui s'étendait eur tous, s'était doublée, par la force des choses, d’une seigneurie temporelle, sous laquelle beaucoup venaient se ranger. On peut se demander, pour bien des cités, si la majorité des habitants étaient sujets du roi et de son comte ou bien de l'évêque. Ajoutez que déjà les Mérovingiens, plus fréquemment les Carlovingiens, accordèrent anx évêques et aux abbés, pour leurs vastes domaines, des chartes d'immunités, interdisant aux officiers royaux, notamment aux juges, d'y faire acte d'autorité.” 1
Cette puissance sociale et seigneuriale de l'épiscopat était légitime. Des princes eux-mêmes la favorisèrent ; mais d’autres princes voulurent en faire l'instrument de leurs ambitions. Et de là naquit la fameuse querelle dite des investitures, laquelle ne fut, au fond, qu’une des formes multiples de la lutte séculaire engagée entre l'Eglise et l'Etat, entre le sacerdoce et l'empire.
On sait l'objet de ce conflit politico-religieux. Les évêques, possesseurs de fiefs, tombaient en cette qualité, au moins d'après
1— Kraus, ouvr, et endr. cit.
MICROCOPY RESOLUTION TEST CHART {ANSI and ISO TEST CHART No. 2)