L'UNION DE L'ÉGLISE ET DE L'ÉTAT
Messieurs,
La société religieuse et la société civile jouissent toutes deux, dans la sphère qui leur est propre, d'une réelle souveraineté. Sans doute, l'Eglise, à l'instar de ces cimes grandioses qui dominent toute une contrée, l'emporte essentiellement sur l'Etat: elle lui est supérieure et par sa nature et par sa fin; elle étend jusque sur lui la majesté de son sceptre: non pas, toutefois, pour lui ravir ses attributions ordinaires et l'absorber comme une partie d'elle-même. En face de l'Eglise ou, pour parler plus exactement, au-dessous d’elle, l'Etat garde son être distinct, ses droits et ses pouvoirs.
Quels sont donc les rapports, quelle doit être l'attitude respective de ces deux sociétés ? Sont-elles par leur nature même, par une sorte de nécessité latente et d'irrésistible fatalité, condamnées à vivre comme deux nations jalouses, dans un état de suspicion réciproque et d'antagonisme permanent ? Doivent-elles s'ignorer l'une l’autre, ou ne se connaître et prendre mutuellement contact que pour afficher, par un éclatant divorce, leur incompatibilité ? L'isolement,la séparation, le schisme : est-ce bien là leur condition normale, leur manière d’être naturelle ?
Cette question, de suprême importance à toutes les époques, emprunte aux derniers évènements de France un caractère singulièrement actuel. Au lendemain de la crise où, pour la première fois depuis le baptême de Clovis et la naissance de la fille aînée
de l'Eglise, les chefs d'Etat français,
plusieurs fois séculaire, ont
pratique la dissolution du li d’abord par alliance avait fortement uni demander si c’est là
questions, il importe en premier lieu de de la thèse que nous avons en vue.
Que faut-il entendre par union d évidemment, ne veut dire ici ni m Quand ls puissance civile et la amicalement la main, ce n'est ni
J'Eglise par l'Etat et des droits
; accomplissement des devoirs qui les obli-
gent mutuellement, |’ l'Etat à l'égard de l'Eglise : telles nous iti
cette union d'où résulte, dans l'équi la tranquillité publique et l'harmonie sociale.