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la cause même du pouvoir ? % peut-il, du moins, en être le sujet, le dépositaire véritable 1—Des principes établis, en réponse à ces deux questions, naîtront spontanément certaines considérations, par lesquelles nous couronnerons ce travail.
Jean-Jacques Rousseau a écrit : « L'ordre social est un droit sar:s sert de base à tous les autres, Cependant ce droit ne vient po: nature ; il est fondé sur des conventions.» 1 Donc, dans la ren philosophe de Genève, ni la société, ni le pouvoir qui en est }1 «i.f 4 voûte, ne sont de droit naturel, mais l’une et l'autre dépendent d'ine libre convention : en d'autres termes, c'est le peuple, né à l’état sauvaz, puis passant librement à l'état social, qui donne naissance au pouvoir, à | souveraineté soit concrète, soit abstraite.
Telle est, dans sa substance, la théorie de Rousseau, Sans vouloir lu réfuter longuement, nous croyons néanmoins utile d'offrir ici au lecteur une analyse succincte de l'Encyclique Diuturnum, dans laquelle Léon XIII démontre invinciblement par l'Ecriture et les Pères, par la raison et par l'histoire, l’origine divine du pouvoir.
Rien n’est plus clairement et plus puissamment inculqué dans les saintes Ecritures que ce dogme capital. Tantôt c’est Dieu lui-même qui, d'une voix solennelle, le révèle et le promulgue : “ Par moi, est-il écrit au livre des Proverbes, 2 par moi règnent les rois... par moi commandent les princes, par moi la puissance civile administre la justice.” Tantôt ce sont les Prophètes, les Apôtres inspirés qui transmettent aux nations l'écho de la parole divine : “ Tout pouvoir, s’écrie saint Paul, vient de Dieu. ” Le prince “ est le ministre de Dieu. ” 3
Aussi la tradition, les Pères, les docteurs n’ont-ils qu'une voix pour proclamer et défendre cette importante vérité. Saint Augustin disait : “ N'accordez qu’au vrai Dieu le pouvoir de donner les royaumes et les empires. 4” Et saint Jean Chrysostôme : “ Qu'il y ait des empires où les
1— Du Contrat social, 1, I, ch. I.