‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 100 sur 196 · Discours, II. Discours politiques, t. T, p. 326 (3e éd · texte numérisé non relu

Discours, II. Discours politiques, t. T, p. 326 (3e éd

3 Encycl, Caritatis Providentiæque, 19 mars 1894.

gramme des études, à la langue de l’enseignement !, aux livres et aux méthodes. Ces livres doivent être bons, ces programmes doivent être sains, convenables, et judicieux. S'ils ne le sont pas, comment ne pas s’en effrayer, de nos jours surtout où le poison de l’erreur et du mal s'insinue sous tant de formes diverses dans les esprits et dans les cœurs? En matière aussi délicate, toute imprudence est une faute, toute insouciance est un crime.

Surveiller les maîtres, contrôler les livres et les méthodes en usage dans les écoles, c’est donc pour les chefs de famille, en même temps qu’un droit certain, une grave obligation de conscience ; mais tous évidemment ne sauraient s’acc .itter de cette tâche par eux-mêmes. Leur rôle est d'y pourvoir par des hommes de leur choix, d'élire dans ce dessein et de scutenir de leur confiance des commissions scolaires chargées par eux d'ériger des écoles, de nommer des maîtres, de désigner des livres de classe, de surveiller et d’inspecter l'enseignement. Ces commissions n’ont qu’un pouvoir délégué et représentatif. Leur utilité s'apprécie dans la mesure même où elles se conforment aux vœux, aux sentiments et aux croyances religieuses des parents. Ajoutons: dans la mesure où elles tiennent compte des vœux et des sentiments de l'Eglise.

Car si les droits des parents d’où naît cette représentation scolaire, sont considérables, ils ne sont pourtant pas illimités.

De même qu'il n’est loisible à personne de professer la religion qui lui plaît ou de n’en professer aucune, de vivre sans foi, sans honnêteté, sans morale, on ne saurait non plus reconnaître aux parents la liberté juridique d'élever leurs enfants en dehors des lois de Dieu, en dehors de la religion véritable, de ses principes et de ses préceptes. La religion est nécessaire à l’homme,

1. Le droit qu'ont les parents de choisir la langue dans laquelle leurs enfants seront élevés et enseignés est basé sur la variété providentielle des races et sur l'autorité naturelle la plus indiscutable; c'est donc un droit sacré et inviolable. Aucun prétexte ne peut permettre d'y porter atteinte, et aucune puissance humaine ne peut en entraver l'exercice sans se rendre coupable de la plus odieuse tyrannie.

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nécessaire à l’adolescent, nécessaire à l'enfant. Et elle s'incarne dans l’Eglise catholique, unique héritière de l'esprit du Christ et dépositaire souveraine de ses doctrines comme de ses pouvoirs.

Les parents chrétiens, qui se disent ses fils, contristent et injurient leur mère, lorsque, au mépris de ses plus solennelles volontés, ils livrent à des maîtres sans foi l'âme de leurs enfants, lorsqu'ils regardent d’un œil indifférent les assauts et les injustices dont l’école catholique est l'objet, et lorsqu'ils souffrent que des gouvernements issus de leur suffrage, portent sur l'éducation une main téméraire, souvent même irique et sacrilège.

Ils n’ont pas le droit d'abdiquer leur titre d’éducateurs naturels de l’enfance, de protecteurs de la foi, de gardiens de la moralité des générations naissantes.

Is n'ont pas davantage le droit de fermer à l'Eglise la porte de leurs conseils, ni de lui mesurer parcimonieusement sa part d'influence. Sa parole est leur lumière la plus haute, son concours leur force la plus sûre. Et lorsque, dans son zèle pour l'instruction et la moralisation de la jeunesse, soucieuse de les seconder et de les diriger dans ce travail, elle leur offre des auxiliaires formés de sa main, pénétrés de son esprit, et animés de son dévouement, loin de mépriser ces aides et d’en récuser la valeur, c'est avec ne joie reconnaissante qu'ils doivent leur faire accueil.

Parents et enfants n’ont rien à redouter de l'Eglise, et les uns

et les autres peuvent, loin de là, espérer d'elle les plus grands biens.

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