‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 102 sur 196 · Gal. I · texte numérisé non relu

Gal. I

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La doctrine évangélique peut, il est vrai, s'annoncer de plusieurs manières et par plusieurs organes: dans la famille, par la voix des pères et des mères; à l'école, par celle des inaîtres chrétiens; du haut de la chaire, par le ministère Ces prêtres et des pasteurs. Mais tous, prêtres, maîtres, chefs de famille, lorsqu'il s'agit d'enseignement religieux, ne sont que les instruments d’un même pouvoir, les messagers d'une même parole, les délégués d’une même autorité enseignante: ils ne parlent et ils n’enseignent qu'an nom de l'Eglise !,

Nourrir les âmes de l'aliment des vérités divines, telle est, nous l’avons dit, la mission première et principale du magistère ecclésiastique. S'en suit-il que l'Église doive s'enfermer dans cette sphère pour n’en jamais sortir, et qu’elle ne puisse indirectement, ou d’une façon secondaire, porter son activité sur un autre terrain, ni entreprendre, sans dépasser ses pouvoirs, l'œuvre de l’instruction profane? Certes, non.

Dieu a construit sur la nature, comine sur un sol d'assise, l'édifice surnaturel de la foi et de la grâce. Le sol, quelque pauvre qu'il soit, soutient ce qu’on y a édifié. Il est donc impossible que les vérités et les erreurs, les opinions et les controverses d'ordre naturel, n'aient pas avec les dogmes de multiples relations. C’est le devoir de la raison de ne rien enseigner qui contredise les données de la foi. Les lettres et les sciences, l’histoire, l'observation, le raisonnement, tout, dans le domaine profane, se subordonne à la science sacrée et peut servir soit à préparer isoit à consolider l'empire de la vérité divine. Voilà pourquoi l'Eglise, tout en faisant de l'instruction religieuse et de la formation des âmes l’objet préféré de son zèle, ne saurait rester étrangère à aucun mouvement de la pensée humaine ni à aucune forme de l'éducation de l’enfance et de la jeunesse,

. C'est ce que déclare le concile de Trente, lorsqu'il dit que dans l'Eglise, pour étre ministre légitime de la parole, il faut être délégué par le pouvoir ecclésiastique et canonique (Sess. XXIII, can. me

A la lumière de ces principes, il se*a, croyons-nous, assez facile de définir quels sont, en matière d'enseignement, les droits de l'Eglise, et quelle est, dans l'exercice de ces droits, sa vraie situation juridique.

Trois sortes d'institutions scolaires sont ici considérer : celles que l’Église crée pour ia formation de ses ministres; celles qu’elle fonde et dirige pour y instruire la jeunesse chrétienne : celles que d’autres, pour la même fin, fondent et dirigent sous ses yeux.

Les premières ont un caractère triplement ecclésiastique, ecclésiastique par l’autorité qui les érige, ecclésiastique par les sciences qui y sont enseignées, ecclésiastique par les étudiants qui y sont formés. Et quoique cet énonc” ne convienne de tout point qu'aux établissements théologiques appelés grands sémi. naires, on doit aussi l'entendre, dans une certaine mesure, des institutions dites petits séminaires dont le but est de tenir à la disposition de l'Eglise des sources fécondes de recrutement sacerdotal, de favoriser l'étude des lettres et des sciences préparatoires À la théologie, d'habituer de bonne heure les jeuries gens dont Dieu fera ses ministres, aux pratiques pieuses et aux responsabilités redoutables de leur vocation.

Est-il besoin de démontrer le droit absolu, exclusif et inalié. nabie, que possède l'Eglise d'établir, de diriger et d'administrer les séminaires dont elle a besoin, soit pour la préparation é:ciguée, soit pour la formation prochaine de ses ministres? Socicté parfaite et indépendante, supérieure même À toute autre Orgarie sation sociale, elle ne saurait, sans déchoir de son rang, abandonner entre les mains de l'Etat la moindre parcelle de l'auto. rité qu'elle exerce sur les maisons d'enseignement ecclésiastique.

Tout, dans ces maisons, -elève uniquement de sa juridictioz : et le choix des maîtres, et l'orientation des doctrines, et là prescription des méthodes, et la réglementation de la discipline, et l'administration matérielle elle-même !. L'Eglise y est chez

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