‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 116 sur 196 · Discours, I, Discours politiques, t. A, D. 524, 3e éd · texte numérisé non relu

Discours, I, Discours politiques, t. A, D. 524, 3e éd

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l'université de Louvain !, de Mer Freppel ?, des PP. Chabin, Russo, Conway, Holaïind, Higgins, et d'une infinité d’autres ?.

« La fonction éducatrice, dit M#' Freppel 4, n'entre nullement dans l’idée de l'Etat, qui est un pouvoir de gouvernement et non un pouvoir d'enseignement. On a beau presser en tous sens les divers pouvoirs qui constituent l'Etat, le pouvoir législatif, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire, jamais l’on n’en fera sortir la fonction éducatrice. »

Le P. Pègues, au cours d'une savante étude sur les droits de l'Etat en matière d'enseignement, écrit À son tour 5: « Taat que les parents sont ià pour veiller à la formation de leurs enfants et qu'ils s’acquittent de leur devoir, en quelque manière d’ailleurs et sous quelque forme qu'ils s’en acquittent, l'Etat n’a pas dintervenir. Il n'aurait à intervenir que si les parents ou leurs tenants lieu abandonnaient les enfants.» Pourquoi ? parce que, si l'Etat a le droit de s'intéresser aux choses de l'éducation, d’en souhaiter et d’en favoriser les progrès, il ne lui appartient pas de partager avec les pères de famille une tâche dont la uature n'a confié qu'à ces derniers l'accomplissement. Ce droit des parents est inaliénable, Léon XIII l'enseigne assez ouvertement, lorsqu'il déclare qu'«tine étroite obligation leur incombe : celle d'employer tous leurs soins et de ne négliger aucun effort pour repousser énergiquement toutes les violences qu'on veut leur faire en matière s'olaire, et pour réussir à garder en leurs

mans l'éducation de leurs enfants 5,»

“État (ae éd), .p. 475.

"PrOpes, seétonneront que l'abbé Barr mige Îles jésuites r Frepnel paru les tenants de j'écol hbérule, Defendre

une juste Hberte n'est pas frire œuvre de hberalisme. Dubal! , OK: BED O0OTEt

is encore ie Chan, Duballe SELF:

ton Jrançaise à propos du cenlenaire de 1780. p. oi

théorique de droit

1750, éd. franc. 1857: Liberatore, L'Lolise et l'État, p. 443, trad. 77-—Le rer Concile Plénier di Juchec définit très nettement le râle tt: Quoique, dit-il (n, 274), l'éducation, prise directement el

ne soit nullement une fonction de l'Etat, il appartient cependant

Que l'Etat donc, s’il le faut, vienne en aide À leur insuff. sance; qu’il mette, sans hésiter, à leur disposition les ressources pécuniaires dont ils ont besoin; qu’il s'applique de la sorte, et le pius généreusement possible, à élargir les sources d’instruc. tion et à multiplier les centres d'éducation: à la bonne heure, C'est une de ses fonctions les plus utiles. L'argent ainsi octroyé aux directeurs des écoles libres, recueilli par leur zèle, fécondé par leur talent, économisé par leur industrie et leur dévouement, fructifiera immensément plus que s’il était, dans des institutions d'Etat, jeté en pâture aux faiseurs affamés de la politique et aux exploiteurs sans scrupule de la richesse publique.

L'Etat, du reste, est-il qualifié pour faire œuvre d’enseigne ment et d'éducation? « D'excellents esprits, dit Lavolle !, vou draient que l’enseignement fût exclusivement distribué par les soins des parents, des particuliers, des associations, laïques et religieuses, au besoin même dans des établissements dépendant des communes, mais jamais par l'Etat. Non seulement, disent. ils, l'Etat ne peut avoir le monopole de l'éducation, maïs encore sa nature, son origine, sa constitution, ses fonctions s'opposent à ce qu'i: joue le rôle d'éducateur ?. Il y est souverainement impropre. Création factice et contingente des hommes réunis en société, organisme politique essentiellement variable et pas: sionné, il ne possède aucune des qualités requises pour cette mission si haute et si délicate de l'éducateur. Maniant ces affaires plus que des esprits, servant des intérêts plus que des doctrines, il manque évideminent de l'impartialité et de la séré-

uité indispensables dans l’œuvre de l'éducation *. »

au pouvoir civil, par des octrois et par des lois sages, de ‘enir parents dans l'œuvre educatrice, et d'assurer au magistère bi l'Eglise, s'il en est besoin, toute la Hiberté et la protection nécessairt 1 at, le pore et l'enfant, p, 337 2. Cela est tellement vrai que s'il existe en plusieurs pays des : l'Instruction publique, persontie n'a encore osé prendre le titre

de l'Éducation pu

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Ajoutons qu’en érigeant aux frais de la nation des écoles auxquelles grand nombre de parents, pour des motifs qu’il convient de respecter, préfèreut les établissements libres, l'Etat commet une réelle injustice. Il fait peser sur une partie de ses sujets un fardeau additionnel de taxes scolaires, et il porte atteinte par là même, d'une façon indirecte, à la liberté d'enseigner. Cette liberté, il la reconnaît sans doute en principe, mais en pratique il frappe d'un impôt ceux qui en usent. « Il reconnaît le droit, maïs il Jui fait payer un droit; il reconnaît la liberté, mais il lui fait payer l'amende !. »

Ce n’est pas, pour l'école libre, la seule conséquence fâcheuse qu'entraîne l’enseignement d'Etat.

Ce système, quoi qu'on en dise, et de quelques dehors inoffensifs qu'on le revête, confère aux pouvoirs publics une arme dangereuse, un instrument facile de domination et de tyrannie. Si en effet, comine le prétend l'abbé Bouquillon, l'Etat possède le droit d'enseigner au même titre et avec les mêmes prérogatives que le droit de gouverner et de juger, qui ne voit dès lors, et par une suite naturelle, se dresser entre ses mains le sceptre d'une véritable omnipotence scolaire? Fort de sa souveraineté, ne poutra-t-il pas à son gré, et au hasard de tous ses caprices, imposer aux citoyens s2s écoles, ses maîtres, ses progratimes,

comme 1} impose ses tribunaux? Qui l'empêchera de restreindre, par des mesures injustes, par des conditions oppressives, par des

lois chaque jour plus empiétantes, la liberté d'enseigner, et de

imaladiron et assez souvent ridicule,

ditine et qu'il n'est qu'un homme p , 1E ne voit +

politique et n'y fait que de la itique, cette affaire se rameénent à ce point: Mon corps enseignant me fera-t-il aimer et mme preparera-t1l des électeurs? Fest im csible à un gouvernement de voir dans ses fonctionnaires autre chose ot ues agents eélecioraux : il ne

peut donc voir dans ses professeurs que des agents électoraux” (Le Libéra-

Dali 2 Dirvibpei denis

parvenir bientôt à créer, au préjudice des intérêts les plus chers de la famille et de la conscience, un monopole déguisé? Cela s'est vu, cela se voit malheureusement encore. L'ambition politique ne connaît guère la modestie du renoncement; elle n’est pas lente à tirer parti des avantages qu'on lui concède et de la puissance dont on l'investit.

En tout cas, cette puissance exercée par l'Etat enseignant, fait à l’enseignement libre une concurrence inégale que ni les particuliers ni l'Eglise ne peuvent commodément soutenir. Et par cela qu’elle détourne en partie l'éducation de son cours, elle scinde en deux ce qui devrait être une œuvre d'unité, de soli. darité et d'harmonie; elle brise le lien naturel qui rattache l’école à la famille, et qui forme entre les doctrines autorisées de l'une et les leçons familières de l’autre un accord aussi nécessaire que bienfaisant. « L'accord de vues, de convictions et de tendances entre les familles et les maîtres est, dit Lavollée !, l’uue des conditions essentielles, la plus essentielle peut-être, de toute éducation bien comprise. Là où il n'existe pas, l'enfant est condamné à «2 trouver perpétuellement ballotté entre des enseignements contradictoires. Il entendra le maître traiter de superstitions les croyances du père, le père rectifier, réfuter, condamner les opinions du maître. Forcément, quelque bonne volonté, quelques ménagements qu'elles y mettent, l'écote et la famille détruiront réciproquement leur œuvre.» C'est à ce résultat que mène l'enseignement donné par l'Etat dans des écoles que la conscience ou la mentalité des parents répiouve, mais auxquelles les tentations et les nécessités de la vie livrent presque fatalement une fraction considérable de l'enfance et de jeunesse.

Enfin, —et ce n'est pas là le moindre danger,—la théorie qui attribue au pouvoir civil le droit ordinaire et habituei de fonder et de diriger des maisons d'éducation en face de l'école iibre, et souvent en opposition avec elle, n’est qu'une forme sp'ciale

Que, cit; D. 316.

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du socialisme d'Etat: elle conduit directement, et par une pente dont on devrait saisir tout le péril, au collectivisme le plus radical.

Nos adversaires soutiennent en effet, qu'en vertu d'un droit propre et d'une attribution régulière, l'Etat peut se faire maître d'école et éducateur de la jeunesse: pourquoi alors et en même temps ne pas se faire nourricier général des familles et pourvoyeur universel de la nation? C'est son rôle, affirme-t-on, le distribuer aux jeunes esprits avides de science le pain spirituel qui nourrit les âmes; pourquoi, par la même raison, n'assuinerait-il pas la tâche de dispenser aux classes populaires l'aliment matériel qui nourrit les corps !? On lui permet et on le félicite de s'approprier le sol des intelligences pour y jeter, d'une main prodigue, la setence de ses opinions et de ses doctrines : pourquoi ne lui serait-il pas loisible d'étendre son empire sur d'autres domaines, de s'emparer de toutes les terres privées, d'accaparer toutes les ressources et toutes les industries, pour les soumettre à l'énergie fécondante de son action et à l'efficacité souveraine de ses exploitations ?

Chose significative et qui montre bien l'irrépressible logique de l'erreur: l’enseignement d'Etat figure sur presque tous les programmes socialistes comme un des principaux articles de ces audacieux manifestes.

Aussi, tant que la société se laissa guider par les principes reconnus de la foi chrétienne et par jes maximes incontestées du droit naturel, l’édncation (nou. en avons fait la preu’ +) resta à peu près exclusivement entre ies mains de l'Eglise et des pa-

up de pars, dit Pau!

n Amérique, ot

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étapes de ce socialisme: on

livres, ensuite des vét puis un répas que pavent * reputes indigents, L'als

ar être la règle.” (L'

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rents représentés tantôt par de simples particuliers, tantôt par les corporations religieuses ou municipales. L'Etat, en général, n’intervenait que pour aider et soutenir dans leur travail ceux que la nature et, par elle, Dieu lui-même, ont chargés de pré. sider à la formation de l'enfance et de la jeunesse. Ce n'est qu'à partir de la Réforme protestante, et surtout de la Révo. lution française, que l'ingérence et la prédominance de l'Etat, en matière scolaire, ont été élevées à la hauteur d'un système et sont entrées formellement dans la lé” ation civile. Faudrait. il en conclure que, pendant plus de quinze siècles, l'autorité politique n'a ni pu comprendre ni su accomplir ce qui était pour elle un suprême devoir relativement à l'éducation ? Et n'est.il pas plus raisonnable de penser que les attributions qu'elle s'ar. roge aujourd'hui en pareille matière, et les f.:mes dictatoriales dont eile s'enveloppe, font partie de cette conception essentiel. lement fausse des fonctions de l'Etat, éclose dans le cerveau surchauffé des théoriciens du droit moderne, nous voulons dire du droit révolutionnaire et antichrétien ?

Oui: l'histoire et la raison le proclament. Et c'est atissi ce que devraient reconnaître certains auteurs catholiques dont la plume, fort peu prudente selon nous, s'ingénie à étendre et à magnifier le rôle scolaire de l'Etat, et qui, en thèse générale u'hésitent pas à lui concéder sui i'éu ! ation un &roit plus large et plus compréhensif que le simple pouvoir de suppléance.

Abstraction faite des circonstances de temps et de besoins, et à ne considérer que le côté absolu de la question, nous ne croyons pas que ce droit existe. C'est À nos veux une prétention erronte dans ses principes, dangereuse dans ses conséquences.

Ce danger croît avec l'Etat moderne et avec la liberté des cultes reconnue civilement presque partout. Pour ne pas heurter tant d'opinions diverses et tant de croyances religieuses qui se partagent la conscience humaine, l'Etat fonde des écoles neutres, c'est-à-dire des écoles fermées aux enseignements de l'Eglise et aux préceptes de la religion.

Nous avons déjà signalé ce grand péril moral et cette grande

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calamité sociale de notre époqu+. Il nous faudra y revenir. Bornons-nous, pour le moment, à constater et À déplorer l'étroite et redoutable filiation qui existe entre le principe de l'enseignement d'Etat et la neutralité scolaire. L'arbre se juge à ses fruits.

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