‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 121 sur 196 · Voir Conway, The Siate last, p · texte numérisé non relu

Voir Conway, The Siate last, p

Vainement nos contradicteurs tentent-ils de s'abriter sous l'autorité des Papes qui, pour des raisons uiverses et dans des circonstances spéciales, eurent à parler de la question scolaire, et le firent sans protester contre le droit d'enseigner revendiqué par l'Etat.

Les actes du Saint-Siège, pour être bien compris, demandent à être replacés dar. . le milieu et dans la lumière où ils se sont produits. Pas n’est besoin d'entrer dans une discussion détail. lée des paroles et des décisions qu'on nous oppose. Qu'il suffise de remarquer que, de ces textes pontificaux, aucun n’a la signi. fication qu'on lui attribue. Les uns en effet n'envisagent qu'un aspect particulier du problème de l'enseignement ; les autres ont pour but de tracer aux catholiques des règles de conduite dans la situation créée par certains faits que Rome réprouve, mais qu'elle ne peut changer. Arouer de cette attitude toute circon. stancielle des autorités romaines, en faveur de l'enseignement de l'Etat, ressemble fort à un paralogisme. (Ce n'est, au surplus, qu'un argument négatif et qui n’a aucune valeur en présence de raisons et de démonstrations positives.

Ainsi faut-il juger l'argument tiré de l'encyclique /mr10rtate | Der, où il est dit que les catholiques « doivent prendre part à | l'administration des affaiies municipales et faire en sorte qu'on pourvoie à l'éducation religieuse et morale de la jeunesse». Le Pape, en ce passage, n’affirme pas plus qu'il ne nie le droit pour PEtat d'enseigner !. Au lieu d'invoquer ce silence à l'appui d’un tel droit, l'abbé Bar:v eût mieux fait, crovons-nous, de s'en tenir aux nombreuses lettres dans lesquelles Léon XII, eve nant avec insistance sur le grave problème de l'éducation, ne cesse de rappeler, en mème temps que la mission éminemment

1. Remarquons bien que, d'apres le contexte, il S'agit ici, r politique proprement dite, mais des autorités ut lesi e: immédiatement du suffrage des pére: de famille, et dont c'est Le der les écoles qui dépen lent d'elles, Léon XIII ne dit pas, de diriger religieuse, mais d'y pourvoir, c'est-à-dire d'en assurer le bienfait aus «

par des personnes compétentes,

sous is des aire, diqué

ndent * sont étail.

uffise signiqu'un »*< ont dans mais TCOHe nt de plus, ce de

y tale art À ‘on

Le pour Lppui s'en IEVE- 1, He ment

éducatrice de l'Eglise !, le droit et le devoir qu'ont les parents de bien élever leurs enfants, sans jamais reconnaître À l'Etat «un droit propre et spécial » d'assumer lui-même cette tâche.

L'écrivain que nous avons le regret de combattre, cite, À l'exemple de Bouquillon, le témoignage de quelques auteurs, notamment de M#r Cavagnis. Ce n’est pas une médiocre autorité. Et si, en réalité, le distingué canoniste soutenait l'opinion placée sous le patronage de son nom, nous nous expliquerions l'empressement que l’on met À le ranger du côté de l'Etat. Mais, tout en allant jusqu'aux extrêmes limites des concessions qu'un catholique peut faire à l'Etat moderne, en matière scolaire, Cavagnis ne saurait être classé parmi les défenseurs d'un droit d’enseignement ordinaire et essentiel de l'Etat.

Venons-en aux preuves. Dans son cours de droit public de l'Eglise, l'auteur déclare erronée la proposition admise comme principe fondamental par le Dr Bouquillon, savoir, «que le droit d'enseigner est une fonction publique semblable à celle des juges que 1 Etat peut choisir et instituer À son gré. ?» Au contraire, c'est À ses yeux «un droit privé qui ne saurait être violé par l'Etat, que celui-ci peut seulement régler et (dans un cas extraordinaire, si le bien public le demande) limiter ou suspendre.»

D'après le même auteur, le droit naturel qu'ont les parents d'instruire et d'élever leurs enfants leur est tellement propre “qu'ils ne peuvent y renoncer {. » Aussi «tont maître privé

S la Constitution Rowanos Ponritses de le Saint-Père, après les du peuple où la relivio tenir le premier rang,

mit le monde comprend que l'éducation des éntatits ainst entendue

des éco

nombre des devoirs inposés à l'évéque, et que les écoles en ans les villes les plus peuplées conne dans les plus petites bour-

tent parmi les œuvres ani sont crtous ressort de ladiiinistra-

n’a d'autorité enseignante que celle qu’il tient des pères de fa. mille, ! » et l'école publique, là où elle existe, doit pouvoir, en les remplaçant, mériter leur approbation ?.

La puissance civile, ayant pour but de suppléer à l'insuff. sance des individus et des familles, peut sans doute « établir," des écoles, mais dans la mesure où cette insuffisance, née de l’état imparfait de la société ou de l'indigence de certaines classes du peuple, les rend nécessaires. { Ce n'est donc qu'un droit de suppléance accidentelle qu'on ne saurait, sans excéder la pensée de l'éminent canoniste romain, transformer en une attribution régulière et essentielle.

Nous ne pouvons rieux illustrer nocre thèse qu'en empruntant au prince de l'éloquence française contemporaine ces belles et lumineuses paroles Ÿ prononcées à la Chambre des députés en I9OT :

des grands services adiministratits, alors Le droit de l'État «t veille. A ces imtérets, à ces besoins, mi les individus, mi les les corps particuliers ne sauraient pourvoir seuls, Tout

prend trés bien et aperçoit nettement que F

necessairement intervenir, Son droit est fond

s 1 n Î n t mn "1 ln 1 est la Condition meme de 1 Vie ciale et dt Quelle que soit la tormc e lictat, quels que soient ses repre

pert s ver lus toute 1 rot 1 résulte rl A ger : l { î i

de fa.

Dir, en

nsuff.

blirs® iée de taines à qu'uu céder n une

Iprunbelles tés en

Mais en est-il de méme quand il s'agit de l'enseignement, c'est-à-dire de Î

ce qui touche à ce qu'il y a de plus délicat, de plus respectable et de plus sacré, a4 domaine des idées, des doctrines, des crovances, de ln conscience elle-mème? Est-ce qu'il y a là une analogie, une assimilation possible? Les individus, les familles, les associations ne sont-ils pas capables de pourvoir, far eux-mêmes et par eux seuls, à la satisfaction de ces besoins essentiels de l'âme humaine? Assüirément oui, vous le pensez comme moi, puisque vous vous plaignez qu'ils ÿ pourvoient trop bien à votre Mais si les individus, les familles, les associations peuvent suflire tâche qui est proprement la leur, qui est leur tache ess ntielle, où est la du droit de l'Etat, la raison d'étre de son intervention? Ce n'est pas dans

nécessite; c'est encore moins dans sa nature

Rien de plus vrai: nous osons nous flatter de l'avoir pleinement et victorieusement démontré.

vs

Page 1