‹ Droit public de l'église [microforme]Chapitre 123 sur 196 · Id. encyel, Quod nultion, 22 août · texte numérisé non relu

Id. encyel, Quod nultion, 22 août

4. Voir les instructions du Saint-Office sur les écoles mirtes et les écoles

publiques, du 26 mars 1860 et du 24 nov, 1873.

5. Encvclique Affari vos, 8 déc. 1807.—Cf, Quest. act., t. CXI, p. 198.

été qu'avec peine, sous le coup de la nécessité et en entourant les enfants de multiples sauvegardes qui, trop souvent d'ailleurs, sont reconnues insuffisantes pour parer au danger. Pareillement, il faut fuir à tout prix, comme tres funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si, pour ce qui regarde Dieu et les choses divines, il importait peu d'avoir ou non de saines doctrines, d'adopter la vérité ou l'erreur.

Dira-t-on que des écoles qui n’attaquent aucune religion et qui, par une tolérance éloignée de tout esprit de secte, laissent à chacune le champ libre, ne sauraient être considérées comme vraiment dangereuses ? « Ne vous laissez pas prendre au mot de passe ”on-sectariten, écrivait naguère un distingué prélat des Etats-Uuis'!. Un système d'éducation qui se proclaine non-sectarien conduit an paganisme, et le paganisme est une autre forme de sectarianisme. Une école absolument non-sectarienne est aussi impossible que le feu sans chaleur. »

Dira-t-on encore que, si l’école athée mérite la réprobation, il n’en est pas de même Ge celle dont l’enseignement, tout en de. meurant neutre, s’imprègne d'une religiosité commune à tous les cultes et acceptable pour tous les enfants? Econtons la réponse de Léon XIIT?: « Ce n’est pas au moyen d’une instruction purement scientifique, ui de notions vagues et superficielles de la vertu #, que les enfants catholiques sortiront jamais de l'école tels que la patrie les désire et les attend...Leur formation doit résulter de principes qui, gravés au fond de leur conscience, s'im* posent à leur vie comme conséquences naturelles de leur foi et de leur religion...Or, pour le catholique, il n’y a qu’une seule vraie religior., la religion catholique; et c'est pourquoi, en fait de doctrine, de moralité ou de religion, il n'en peut accepter ni

1. Mer Stang, Lettre pastorale sur l'éducalhion chrétienne, p.12 cet, tt CNT, pp. 2601-00: La neutralité peut-elle respecter la reliques 2, Enevel, Affart vos.

3. Quelques efforts se font en ce moment aux Etats-Unis pour retablir

leducation sur des bases religieuses, quoique non-confessionnelles

religion sans dogine fixe n'est qu'une muraille branlante.

s de nites

tres itet

reconnaître aucune qui ne soit puisée aux sources mêmes de l'enseignement catholique. »

Allèguera-t-on enfin que la neutralité de l’école peut trouver un correctif suffisant dans l'instruction religieuse donnée, en dehors des heures de classe, soit À l’église, soit dans les locaux destinés à l’enseignement profane? Ces expédieuts, inspirés bien plus par les soucis de la politique que par le respect de la conscience, laissent intact le principe même que nous combattons. Voilà pourquoi Rome les réprouve. Dans une lettre adressée aux évêques d'Autriche, d'Allemagne et de Suisse, Léon XIII s'exprimait là-dessus sans ambages: « Il faut. disait-il, non seulement que la religion soit enseignée aux enfants à certaines heures, mais que {out le reste de l'enseignement exhale comme une odeur

de piété chrétienne. S'il en est autrement, si cet arome sacré ne pénètre pas à la fois l'esprit des maîtres et celui des élèves,

l'instruction, quelle qu’elle soit, ne produira que peu de fruits et aura même de graves inconvénients.» Peu de temps après, le mème Pape condamnait comme déyectueux, imparfait et 1nsuffisant ? le règlement de la question manitobaine effectué par les autorités gouvernementales sur les bases de la neutralité relivieuse, et n’accordant aux catholiques qu'une demi-heure de catéclisme après la classe.

L'enseignement laïque n'étant qu’une évolution et une aggravation de l’enseignement soi-disant neutre, comment fermer les veux Sur les dangers très sérieux qu'il entraîne ? comment ne pas douter les maux de toutes sortes dont il est la source, et les germes de corruption qu'il dépose au cœur des générations abusées ?

Où croit rêver, quand on considère avec quelle sotte fureur, tt quelle aveugle opiniâtreté, des hommes préposés au gouver nement de grandes et nobles nations, s'acharnent contre la foi de leurs pères, et contre tout enseignement moral appuyé sur la

L Pncyel Miitantis Ecclesie, 1er août 1807 "

D Hors #, 1 VCI

ffari vos.

religion. Des voix compétentes l'ont dit avant nous: l’école laïque n'est pas seulement l’école sans Dieu, c’est l'école contre Dieu. On ne veut plus de « morale suspendue à un dogme. On relègue dans les ténèbres de l’ « inconnaissable » ? ce que dix-neuf siècles de christianisme ont fermement reconnu, ce que même, depuis l'origine du monde, les esprits les plus distingués ont su, par leurs seules lumières naturelles, découvrir et démontrer, c’est-à-dire l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme, les besoins spirituels du cœur de l'homme, la vie future et ses sanc. tions.

Et si l'on objecte aux laïcisateurs le divorce qu'ils créent entre l'instruction et l'éducation, l'impossibilité où ils se réduisent, en écartant toute idée religieuse, de former moralement les élè. ves de leurs écoles et de leurs collèges, ils vous répondent d'un ton assuré qu’instruire, c'est moraliser; que la science positive, la seule qu’ils estiment vraie et digne de l'attention de l'esprit humain, possède à un haut degré cette vertu

Instruire, c'est moraliser ?

Mais par quels procédés magiques l'instituteur, à qui l'on interdit tout enseignement religieux, fera-t-il jaillir des règles de la syntaxe, des calculs de l'arithmétique, des descriptions de la géographie, les notions de bien, de conscience, d'honnèteté, de justice? Par quel merveilleux coup de baguette le professeur

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